mercredi 8 août 2012

Toujours sombre

Une fois la tasse à thé bien rangée dans le lave-vaisselle (cela n'avait pas été facile à faire, car la machine était déjà bien pleine), la vieille se dit qu'elle aurait aussi bien pu mettre toute la vaisselle dehors pour faire des économies d'eau potable. La pluie l'aurait bien lavée, bien rincée. Seul le programme séchage n'aurait pas fonctionné.  Tant pis, n'est pas écolo qui veut, la vaisselle était dans le lave-vaisselle et y resterait! Au moins jusqu'au moment où elle se ferait de nouveau du thé aromatisé à l'huile de bergamote, car elle n'avait plus aucune tasse propre dans ses placards.

La vieille  avait été obligée de changer de lave-vaisselle quelque temps auparavant, l'ancienne laissant échapper de l'eau plus très potable sous la machine, inondant ainsi la cuisine si elle ne sortait pas la lourde artillerie, à savoir une vieille serpillière qu'elle avait réussi à trouver enfoui sous les fagots.

Il n'avait pas suffi de changer de piles à l'ancienne machine pour qu'elle fonctionne comme une neuve. Le tiiic tac de la pendule en quasi panne se rappela aux bons souvenirs de la vieille qui soupira. Personne ne l'avait aidée à mettre la main sur l'escabeau, ni sur les piles de rechange d'ailleurs. Et le bruit du lave-vaisselle n'était pas fort assez pour couvrir celui de la pendule. Pourquoi donc avait elle voulu une machine silencieuse!

Elle alluma le lustre. Le voleur de soleil n'avait pas laissé beaucoup de lumière derrière son passage. Heureusement la vieille avait payé sa facture d'électricité, car autrement elle aurait sans doute du rester dans le noir toute la journée. Quelle tristesse.

Elle se demanda pourquoi la nouvelle garde des sceaux ne voulait pas remettre le fameux multirécidiviste en prison. Rien n'avait été ordonné pour qu'on le retrouve et enferme en cellule d'isolation, ni même en centre de prévention.

C'est d'un laxisme, constata la vieille. On ne pourra plus compter que sur nous-mêmes pour faire justice. Mais c'est illégal. La vieille avait un sens très développé de ce qui était juste, et ce qui ne l'était pas. Sans doute une réminiscence d'une époque où les parents apprenaient encore aux enfants ce qu'on avait le droit de faire, et ce dont on pouvait être puni.

J'ai de la chance de ne pas mettre  de chaussettes en ce moment, ce dit la vieille, sinon j'aurai le moral qui y descendrait.

13 commentaires:

hpy a dit…

La dernière phrase est un clin d'œil à Missive.

Nefertiti a dit…

superbe plume ;o)

SusuPetal a dit…

Samanlaista keliä täällä. Pesukone pyörittää juuri lakanoita ja mietin, kuivatanko ne suosiolla sisällä vai uskallanko viedä ulos narulle.

claude a dit…

Elle est d'une tristesse ton histoire, mais la dernière phrase prête quand même à sourire. Et qu'est-ce qu'il fait DD pendant ce temps là ?
Alors comme ça, t'as un LV neuf !
Courage ! Le beau temps arrive !

claude a dit…

Tu devrais prendre le temps de passer sur mon blog.

Miss_Yves a dit…

J'apprécie le clin d'oeil et l'humour NOIR...bien que j'aie peur d'attraper le BOURDON!

Liisa a dit…

Olisi varmaan hyvä teksti, mutta se käänöskone on kadonnut tuosta sivupalkista. :) Pilvistä ja viileää täällä myös (päättelin kuvasta).

ELFI a dit…

les chaussettes noires, avec un peu de musique...tout change!

Fifi a dit…

Elfi a trouvé: "Les chaussettes noires" et le moral refait le chemin dans le bon sens :-)

Suzanne Bouchard a dit…

Un bonheur de lire tes histoires, bravo et merci, merci aussi pour cette image . bye et bonne journée.

hpy a dit…

A demain pour la suite! Qui m'en aura donc donné l'idée cette fois-ci?

Mick Mather a dit…

Oh! Look! Wild carrots!

Thérèse a dit…

De toute façon mieux vaut un bon thé qu'un jus de chaussettes!