mardi 1 décembre 2009

Lèche-bottes-blues


J'avais une paire de vieilles bottes. Les mêmes, noires, depuis des années, des dizaines d'années même. Et un jour je les ai jetées, car je ne pouvais plus les mettre. Pourtant mon pied ne s'est pas allongé comme le nez de Pinocchio - et ça, c'est parce que je mens moins que lui. Presque pas, d'ailleurs, malgré l'état de mon pif.

Depuis ce jour-là, j'essaie en vain de trouver botte à mon pied, surtout que le temps pluvieux ne se prête pas aux sorties en sandalettes.

Peine perdue, je n'en trouve pas, et en attendant je mets celles de DD qui sont d'une pointure "un peu plus grande" que celle que je suis sensée mettre. Lui, il en a plusieurs paires, des hautes et des basses. Je préfère les basses. Elles sont plus faciles à mettre. Et aussi à retirer.

Mon pied baigne dedans, ce qui n'est pas étonnant, vue la quantité d'eau qui est tombée depuis un mois.

J'en ai fait, des quantités de magasins pour me trouver une paire de bottes. Le problème pour en trouver à ma pointure, ce n'est pas tellement le pied, mais la cheville, et cela, c'est à cause de vous tous! Vous n'avez qu'à descendre un peu, et même beaucoup plus bas sur cette page, pour en avoir la preuve!

Mais où vais-je trouver des bottes à ma cheville!

lundi 30 novembre 2009

Muotokuva


Vai olisiko tämä muodotonkuva?
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Muotokuva (prononcer mou-auto-cou-va) est le mot finnois pour portrait.
Pris plus en détail, on peut dire que muoto (mou-auto) veut dire forme, et kuva (cou-va) image.
Ce portrait-ci, je l'appellerais muodotonkuva (prononcer mou-eau-d'automne-cou-va) ce qui pourrait être traduit par image sans forme, et pourtant il s'agit d'un portrait, bien que le sujet ait été déformé par la pluie.
***
En novembre il a tellement plu que DD a été obligé de se coiffer d'un casque de sécurité pour se protéger la tête des cordes qui tombaient.

vendredi 27 novembre 2009

Balade mortelle

Une feuille triste,
car on la dit morte,
se promène sous la pluie.

Je vole, je vole,
pense-t-elle, soudain toute légère,
je ne suis pas aussi morte qu'on le dit.

Un vent violent la saisit,
la plaque de force contre une vitre,
et lui souffle: Si tu bouges, tu es morte!

Toute effrayée,
la feuille en blêmit.
Ça y est! Elle est morte de peur.

jeudi 26 novembre 2009

Pluviométrie


Quand le ciel s'écoule par la route,
il y a autant d'humidité dans l'air qu'au sol.
Moins pourtant, que dans le château d'eau
qui se dresse, fier comme un bolet après la pluie.
Pour préparer ce champignon il faut d'abord l'essuyer,
avant de couper les échalotes et les oignons
qui feront tomber les larmes des nuages
pour arroser d'autres bolets.

mercredi 25 novembre 2009

Du vent

Après la tempête,
les pavés encore mouillées,
le vent se couchait.

J'étais fort bien à l'abri
à savourer l'accalmie.

mardi 24 novembre 2009

Une belette

Ce n'est pas souvent que j'ai l'occasion d'observer des belettes.

Parfois, surtout le soir, j'ai pu en voir traverser la route à toute vitesse, mais cela ne m'a pas vraiment donné la possibilité de les regarder de près.

Nefertiti trouvait sans doute que ma connaissance de cet animal était trop limitée, car dimanche, entre deux averses, elle est allée en chercher un pour moi.

La belette n'est pas très grande, elle a un pelage brun sur le dos, et son ventre est blanc. Sa queue est plus courte que celle de l'hermine, et il lui manque aussi le bout noir de la queue pour la distinguer de sa royale cousine.

Si personne ne réclame sa dépouille, nous l'enterrerons avec les honneurs militaires, car cette belette est morte au combat.

lundi 23 novembre 2009

Taxe à la sauce hollandaise

Les hollandais l'ont annoncé il y a une dizaine de jours. Pour réduire les émissions de CO2, ils vont instaurer une taxe sur les kilomètres parcourus pour les voitures comme pour les camions à partir de 2012. (minimum 3 cts en 2012, et 6,7 cts en 2018.)

En France le même souci se traduira par une augmentation de 6 à 7 cts du prix des carburants dès le 1° janvier 2010.

Mais, si on veut réduire les émissions de CO2 et par la même occasion les bouchons, pourquoi ne pas supprimer les voitures tout simplement, au lieu de payer des primes à la casse pour leur renouvellement, comme c'est souvent le cas lorsque l'industrie automobile connait des râtés?

Plus de voitures, plus de problème de stationnement non plus, et personne pour griller les stop et les feux rouges - et moins de rentrés d'argent par le biais des radars, fixes ou mobiles.

Non, décidément, ce n'est pas une bonne idée. Il vaut mieux taxer.

***

Le projet hollandais implique l'installation d'un GPS spécial dans chaque véhicule, permettant la géolocalisation des mouvements de tout un chacun. Un peu abusif, non?


Quand l'éco-police me demandera, d'ici quelques années, hpy, pourquoi avez-vous pris votre véhicule pour faire un circuit de 23,4 km tel et tel jour, sans vous arrêter, et que je répondrai, parce que je n'ai rien trouvé d'intéressant à photographier pour mon blog pendant mon trajet, je parie qu'on me mettra un PV pour usage inutile de mon véhicule, sans tenir compte que j'avais peut-être simplement besoin de prendre l'air et qu'il faisait trop mauvais pour que je le fasse à pied!

vendredi 20 novembre 2009

Nuages


Hier j'ai eu la visite d'un de nos fournisseurs.
Il m'a dit qu'il était soulagé.
Soulagé de ne plus être patron mais désormais simple salarié.
Je le comprends, car depuis quelque temps,
comme beaucoup d'autres, il avait moins de travail,
passait parfois des journées à ne rien faire ou presque,
payant toujours les mêmes charges qu'à l'époque où ça tournait bien.
Nous avions deux fournisseurs dans ce domaine;
le premier a déjà mis la clé sous la porte il y a quelque mois,
et maintenant le second fait de même.
Et vous voudriez croire que tout va bien!

jeudi 19 novembre 2009

Abandonnée


Que faisait-elle là, toute seule, un peu sale, un peu écorchée, les yeux fermés sur elle-même? Un peu comme certains gosses qu'on peut voir errer dans les villes, laissés à eux-mêmes par des parents tout aussi perdus.

Manquait-elle à quelqu'un? Quelqu'un avait-il au moins une pensée furtive pour celle qu'il avait laissée là, sur le bord de la route avec sa main arrachée et ses yeux vides?

L'avait on balancée là pour s'en débarrasser? Parce qu'elle était trop encombrante avec un pansement sale à la place de la main et des doigts? Parce qu'elle n'était plus au goût du jour, et qu'on la trouvait laide avec ses vêtements démodés?

Depuis qu'elle était là, toute seule, elle n'avait pas arrêté de pleurer.

Pourtant elle espérait encore le retour de la personne qui, peut-être, n'avait fait que l'oublier un court moment avant de la perdre à tout jamais.


mercredi 18 novembre 2009

Accident


Depuis mon bureau j'ai vue - dès que les feuilles des arbres sont tombées par terre - sur la côte Nelson Mandela, voie de contournement obligatoire pour les poids lourds, empruntée aussi par des voitures, des tracteurs agricoles et d'autres véhicules motorisés. On peut même y voir un vélo ou deux. Rarement un piéton. Rien n'est d'ailleurs prévu pour eux.

La vitesse y est limité à 50 km/heure sauf les jours où on y fait une course de côte, et il y est aussi interdit de doubler un autre véhicule. La pente est relativement importante, les virages sont nombreux, et il vaut mieux ralentir avant de les négocier, car on n'y est pas sur une piste de formule 1 et les secours ne sont pas postés tout autour.

Hier matin les gyrophares et les sirènes des pompiers m'ont fait lever la tête de mon travail. Il y avait encore un pépin! Depuis que cette voie existe j'en ai déjà vu plusieurs, et pourtant je n'ai pas l'œil rivé sur la circulation à tout moment. Surtout pas en été.

Je ne sais pas en détail ce qui s'est passé hier matin, je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé les autres fois, ni comment, mais j'y vois - quand j'y passe - un bouquet de fleurs, peut-être deux.

Par contre, je sais qu'il y a des voitures qui dépassent les 50 km/heure, qu'il y en a qui doublent d'autres véhicules ou qui empiètent tout simplement sur la voie d'en face dans les virages ou ailleurs. Je le sais, car cela, je l'ai vu. Plus d'une fois.

Je me demande par ailleurs s'il y avait autant d'accidents au moment où tout le monde passait par le centre ville, route dont on a dit qu'elle était beaucoup trop dangereuse, notamment pour les camions.

Peut-être pourrais-je me dire que ce ne sont pas les routes qui sont dangereuses, mais ceux qui les empruntent, et aussi qu'une route qui parait facile est sans doute beaucoup plus accidentogène que celles sur lesquelles on fait attention.

Pourquoi ne pas rebaptiser cette voie la route de l'hôpital, puisqu'elle y mène même ceux qui n'ont pas prévu d'y aller?

mardi 17 novembre 2009

St Jacques

La pêche à la coquille St Jacques
est ouverte depuis le mois d'octobre
et je n'ai pas encore goûté à une seule coquille!

lundi 16 novembre 2009

Travaux d'automne

Il n'y a pas que le grand nettoyage du printemps; l'automne aussi est propice aux travaux d'entretien, surtout qu'il fait encore très doux. (12° hier, et le paresseux à eu l'occasion de transpirer.)

Le lilas a pratiquement disparu. Il n'en reste qu'un vieux tronc à tronçonner. Si nous ne le retirons pas avec les racines, il repoussera.

Le marronnier - à fleurs blanches - a eu droit à un passage au tabac, non, chez le coiffeur, et sans doute, un jour, lui aussi sautera. Il est si près de la haie de troënes.

Ces travaux faits, je me suis demandé ce qui pourrait nous faire de l'ombre sous la tonnelle, mais comme la table et les banc ont été remisés, le problème n'est pas à l'ordre du jour.


Trois des filles de Jacques et Jacqueline se sont montrées - mais cachées derrière des obstacles à mon apn. Pas moyen de le prendre toutes les trois ensemble. (Il y avait chasse dans le coin samedi et/ou dimanche, mais je ne pense pas qu'il ait eu un lacher de faisans.)

vendredi 13 novembre 2009

Madame Sophie




Il avait osé appeler la petite Sophie... Rien qu'à cette pensée, il rougissait encore. Lui qui n'avait jamais osé grand chose, avec son physique de parapluie , et encore moins auprès de la gente féminine. Et Sophie avait accepté de le voir! Voilà quelles étaient les pensées qui se bousculaient dans sa tête de vieil oiseau solitaire alors qu'il s'avançait vers les deux femmes. (Alice)


Mais pourquoi la petite Sophie s'était-elle fait accompagner par cette vieille femme qui lui souriait à toutes dents?


Et voilà que celle-ci se mettait à lui adresser la parole, à lui, qui n'avait d'yeux que pour la jeune femme à ses cotés.


Mais comme c'est agréable de voir voir, Monsieur le surveillant (vous me pardonnerez, mais avec l'age, j'ai oublié votre nom) permettez moi de vous présenter ma fille, Marie-Ange, je vois que vous avez remarqué qu'elle me ressemble quand j'étais plus jeune - et vous aussi.

De plus en plus vouté, l'ancien surveillant écoutait Madame Sophie continuer, tout en regardant celle qu'il avait prise pour la petite Sophie.

Vous savez, quand mon mari est parti, j'ai longuement discuté avec ma fille, je lui ai parlé de la ville où j'avais grandi, je lui ai parlé de mes anciennes camarades, je lui ai parlé des bonnes sœurs, je lui ai parlé de Monsieur Henri, celui qu'on appelait BDB, et je lui ai parlé aussi de vous.

C'est même elle qui vous a reconnu à la bibliothèque. Elle m'a dit, Maman, ton surveillant n'a pas changé du tout. (hpy)



A suivre, si quelqu'un veut bien s'en donner la peine. (Autrement, c'est fini.)


jeudi 12 novembre 2009

Le rendez-vous


Et d'ailleurs, la petite Sophie devenue grande l'avait tout de suite reconnu elle aussi. Il est vrai que lui non plus n'avait pas beaucoup changé, même jeune il avait toujours fait vieux, tout au plus s'était-il un peu plus voûté et dégarni au fil des années...

Donc, à la bibliothèque, au rayon Romans policiers, son regard avait croisé celui de la petite Sophie. Il n'avait ressenti aucune animosité de sa part, un léger étonnement peut-être. Il n'avait jamais fait partie de ces surveillants peau de vache, contrairement à Monsieur Henri -surnommé BDB, ce qui avait toujours fait bien rire notre vieux héron-, Monsieur Henri donc, si gratuitement méchant, mais la paire de cornes que lui faisait porter sa femme expliquait sans doûte bien des choses... (Alice)


Depuis tout ce temps que l'ancien surveillant se rendait régulièrement à la bibliothèque il était connu par la bibliothéquaire. Cela ne lui a donc pas été trop difficile de se faire raconter que Sophie, une fois mariée, avait quitté la ville et que maintenant, elle était de retour depuis peu de temps.

Il a même réussi à se faire communiquer ses coordonnées, et s'est ainsi que la veille il l'avait appelée, et ils s'étaient donnés rendez-vous sur les berges du fleuve, afin de parler un peu du bon vieux temps.

Et voilà que la vieille dame qu'il avait vue en compagnie de la petite Sophie avançait en clopinant le long du rivage.

Mais que faisait elle donc là? C'était la petite Sophie qu'il voulait voir, pas une vieille rombière! (hpy)



A suivre, si vous voulez bien..

mercredi 11 novembre 2009

Oh la vache



Comme personne n'a voulu continuer l'histoire du vieux surveillant, je l'ai fait. Voici donc quelques lignes supplémentaires :

Mais non, d'abord ce que m'a envoyé Alice à qui je demande pardon d'avoir continué l'histoire avant d'avoir eu sa participation. Heureusement ça colle, quand même!

***

Il faut dire que les journées passées au pensionnat et les soirées dans sa petite maison basse de plafond de l'autre côté de la rue, n'avaient rien de bien folichon. Entre les jeunes pensionnaires toutes plus jolies les unes que les autres qui lui tournaient la tête et les bonnes soeurs qui le tourmentaient de leurs éternels reproches et de leur suspicion systématique, la vie était bien compliquée.

***


L'ancien surveillant, toujours aussi voûté sous sa vieille blouse grise, commençait à douter. Personne ne se promenait sur le rivage, ni d'un coté, ni de l'autre. Il avait sans doute choisi une mauvaise place pour attendre la visite d'une de ses anciennes pensionnaires.

Tout au moins pouvait-il passer son temps à rêver.

Rêver de jeunes filles brunes, blondes ou rousses, toutes tellement jolies, jouant, babillant et riant pendant la récréation. A l'époque, quand il s'approchait, et qu'elles s'en apercevaient, elles devenaient sérieuses, mais elles restaient toujours aussi belles.

Bien entendu, il avait eu ses préférées, comme la petite Sophie qu'il avait aperçue en ville, à la bibliothèque, quelques jours plus tôt.

Il allait souvent à la bibliothèque. L'atmosphère y était si calme, et pourtant il pouvait y apercevoir un peu de monde, lui qui était devenu un grand solitaire par la force des choses.

Il avait reconnu la petite Sophie tout de suite, car malgré les années qui s'étaient écoulées depuis que l'école était finie pour l'un comme pour l'autre, elle n'avait pas changé. Pas du tout.

Sophie était accompagnée d'une vieille dame.

A suivre, peut-être.