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vendredi 28 décembre 2012

La vieille année

Fatiguée, elle s'en va, elle s'éteint, la vieille année.

Elle en a encore pour quelques jours, même pas pour une semaine, disent les devins, les magiciens. Comment peuvent-ils savoir?

Et si elle décidait de rester, ne serait-ce que pour nous embêter? Si elle faisait de la résistance, empêchant la nouvelle année d'arriver?

Si nous la mettions sous perfusion, sous oxygène? Si nous lui faisions de la respiration artificielle, lui implantions un nouveau cœur?

Ou si elle expliquait à la nouvelle année, comment nous l'avons traitée, lui ôtant toute envie de venir la remplacer? Alors elle serait obligée de rester. 

Fêtée au départ avec des feux d'artifices, des bulles de champagne, des cotillons, ne l'avons-nous pas ensuite fait subir tous les maux?

Nous l'avons faite noire pour les banques et le chômage, comme pour des  pays en guerre, nous l'avons dite année des catastrophes naturelles, même année de fin du monde.

Non, la vieille année, c'est décidé, elle s'en va, espérant contre toute raison que sa fille sera mieux traitée qu'elle.

vendredi 5 février 2010

La vie doit continuer

Je vais encore aller au contre-courant de tout ce qui se dit et par conséquent me faire des ennemis. Mais tant pis!

Depuis quelques jours on parle beaucoup de l'accident survenu au Concorde il y a dix ans, et accessoirement du terrain à Gonesse où l'avion s'est écrasé.

Une vente à la bougie du terrain n'a abouti à rien, car personne ne veut l'acquérir à cause de tous ces morts qu'il leur rappelle.

Pourtant le terrain se trouve en un lieu convoité, et le prix de mise en vente n'était pas énorme. Je l'aurais acheté si j'avais eu des projets dans ce sens et un banquier prêt à prendre quelques risques.

Aujourd'hui certains voudraient en faire un lieu de recueillement au frais d'une compagnie aérienne au bord du gouffre financier. D'autres le trouvent trop plein d'émotions pour y faire quoi que ce soit.

Mais où allons nous?

Des morts il y en a tous les jours et cela fait partie de la vie.

S'il fallait faire un lieu de recueillement de chaque endroit où quelqu'un est mort accidentellement on ne pourrait plus rien construire d'autre. Il faudrait fermer des portions de route, des routes entières.

Il faudrait boucher le tunnel du Mont Blanc et creuser un autre juste à côté.

Il faudrait interdire la pêche en mer à cause de tous les avions qui y sont tombés un jour ou l'autre. Surtout pas manger de crabes et autres animaux qui se délectent de cadavres (de poissons...).

Ma maison, il faudrait que je la ferme, car il parait - mais je n'ai jamais vérifié la rumeur - qu'un jour quelqu'un s'y soit pendu. Et puis? J'y dors si bien.

Mourir n'est plus autorisé. Mourir d'un accident c'est encore pire. Si en plus, il y a beaucoup de morts, c'est une catastrophe interplanétaire qui nous fige, qui apparemment nous rend incapables de faire autre chose que gémir.

Bien entendu, la mort d'un être cher est toujours douloureuse pour les proches, mais devons-nous pour autant prendre toute la misère des autres sur nos épaules pour ainsi nous empêcher de faire, de créer autre chose, de vivre?

Moi, je dis non. Acceptons la mort, car elle fait partie de la vie depuis que nous sommes nés. Comme certains disent, c'était écrit. C'était l'heure. The show must go on!

Que la mort soit douloureuse pour ceux qui restent, c'est tout à fait normal, mais rendons la de nouveau acceptable, s'il vous plaît. Qu'elle ne nous bloque pas, que la mort d'autrui ne nous empêche pas de vivre ce qui nous reste de notre vie à nous. (Cela peut même être d'aider ceux qui ont survécu à une catastrophe.)

Et rappelons-nous qu'il est plus important de nous souvenir de la vie de nos morts que de leur décès. Au fait, que faisions-nous pour eux quand ils étaient encore en vie?

***

La petite église qui se trouve sur la photo, qui n'est pas terrible d'ailleurs, n'a rien à voir avec mon message. Elle est là pour me rappeler la différence entre Bertreville et Bertheauville, deux communes assez proches l'une de l'autre et que je confonds toujours, alors que j'aurais besoin de les connaitre pour ce que nous pourrions appeler des raisons professionnelles...

***

Et puis je finis par présenter mes condoléances à Jean-Paul qui vient de perdre sa mère.