La vieille année
Fatiguée, elle s'en va, elle s'éteint, la vieille année.
Elle en a encore pour quelques jours, même pas pour une semaine, disent les devins, les magiciens. Comment peuvent-ils savoir?
Et si elle décidait de rester, ne serait-ce que pour nous embêter? Si elle faisait de la résistance, empêchant la nouvelle année d'arriver?
Si nous la mettions sous perfusion, sous oxygène? Si nous lui faisions de la respiration artificielle, lui implantions un nouveau cœur?
Ou si elle expliquait à la nouvelle année, comment nous l'avons traitée, lui ôtant toute envie de venir la remplacer? Alors elle serait obligée de rester.
Fêtée au départ avec des feux d'artifices, des bulles de champagne, des cotillons, ne l'avons-nous pas ensuite fait subir tous les maux?
Nous l'avons faite noire pour les banques et le chômage, comme pour des pays en guerre, nous l'avons dite année des catastrophes naturelles, même année de fin du monde.
Non, la vieille année, c'est décidé, elle s'en va, espérant contre toute raison que sa fille sera mieux traitée qu'elle.
Non, la vieille année, c'est décidé, elle s'en va, espérant contre toute raison que sa fille sera mieux traitée qu'elle.
