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dimanche 6 septembre 2015

Ma guerre

Je suis née trop tard pour avoir connu la guerre, mais je suis la seule de ma famille à être dans ce cas, je suis d'ailleurs aussi la seule survivante aujourd'hui.

Nous n'avions pas l'habitude d'en parler, mais parfois ma mère se laissait aller à des confidences. Je suppose qu'elle avait besoin d'en parler, en même temps qu'elle avait envie de se taire. Peut-être voulait elle aussi m'apprendre des choses, elle qui avait vécu sa première guerre, une guerre civile, à l'âge de trois ans. Elle me souhaitait de ne jamais en connaître, et je ne le souhaite à personne aujourd'hui.

C'est ainsi que bien malgré moi, car tout cela ne m'intéressait pas particulièrement à l'époque, j'ai appris que mes parents avaient envoyé ma sœur, née un an avant le début de la Guerre d'Hiver, dans une famille d'accueil à Stockholm, afin qu'elle y soit en sécurité. Pour une petite fille, se trouver avec des gens inconnus, n'était certainement pas ce qu'il y avait de mieux, mais en restant avec sa propre famille elle aurait risqué plus gros que la traversée en bateau.  Un déchirement, pourtant. Pour tous.

Je ne sais pas combien de temps elle y est restée, je sais juste qu'elle en est revenue, ce qui n'était pas le cas de nombreux autres enfants.

La guerre était toujours là quand mon frère, né trois ans après ma sœur, plongeait dans une fossé avec le restant de la famille, afin d'échapper à une attaque aérienne. Il avait tellement peur que pendant toute l'attaque il serrait à sa petite main une ortie, sans se rendre compte qu'elle lui brûlait la peau.

La peur, quand ils voyaient un quartier de la ville brûler au loin, quand les bruits de guerre s'approchaient trop, quand il fallait réveiller tout le monde, et courir se réfugier dans une cave afin d'échapper aux attaques aériennes. Tout le monde l'a vécue. Moi, je ne peux que me l'imaginer.

Ma famille a eu de la chance, personne n'est mort à la guerre. Tout le monde est revenu, même mon oncle, celui qui allait devenir mon parrain, et qui à l'époque n'était qu'un tout jeune homme, est rentré à la maison en un seul morceau, mais sans ses cheveux. Ils les avait perdus en même temps que sa jeunesse.

Je n'ai pas vu la guerre, mais quand je suis née, le pays était toujours pauvre et en train de payer d'énormes compensations de guerre au pays qui l'avait pourtant attaqué, par traîtrise, et sans avoir au préalable fait une déclaration de guerre (ce qui ne fût pourtant admis qu'en 1988, donc bien plus tard).

Moi, je le savais, car ma mère me l'avait dit, et je l'ai toujours cru, même si le grand voisin essayait de prétendre le contraire, et en y arrivant parfois aussi à se faire croire officiellement, ce qui agaçait prodigieusement mon père.

Enfants, nous ne nous occupions pas de la guerre que nous n'avions pas connue. Mon meilleur ami pendant les dix premières années de ma vie, Pa, était sans doute aussi insouciant que moi, bien que touché de près par l'expérience de ses aînés.

Je me rappelle un jour, Pa et moi étions au cinéma, dans une de ces salles où on passait informations et dessins animés en boucle. Soudain Pa s'exclame: "Regarde, c'est mon papa!" (Ce n'était pas dans un Tom & Jerry.) Tout autour de nous, on le traitait de menteur, mais c'était pourtant vrai. L'homme en uniforme était son papa, et mon voisin. Je le connaissais bien, tout comme je connaissais, et aimais, sa maman, Maj-Lis, que j'allais souvent voir dans sa cuisine, pour lui raconter des blagues de gamine. Je suis retournée la voir, dans sa petite maison de campagne, à la fin des années 1980. Son mari, qui allait mourir en 1989 était déjà proche de la fin à ce moment-là, et je n'ai pas pu le rencontrer.

Le papa de Pa fût promu major-général l'année de mes trois ans. C'était un titre qui imposait beaucoup de respect dans l'entourage. Je me rappelle encore la façon dont les gens le prononçaient, y compris mon père.

Le major-général avait été aide de camp du Maréchal Mannerheim pendant la guerre, c'est même lui qui avait inventé le cocktail qui porte le nom du Maréchal, un Mannerheim, composé à l'époque de spiritueux de style vodka de mauvaise qualité, de vermouth français et de gin, les deux derniers ingrédients ayant été ajoutés afin de couvrir le mauvais goût du premier.

Il continua à ce poste quand Mannerheim devint président, et il succéda à lui-même, en tant que premier aide de camp des deux présidents suivants, Juho Kusti Paasikivi et Urho Kaleva Kekkonen, les deux seuls que j'ai connus personnellement. 

Je n'ai donc pas connu la guerre, mais j'ai connu des gens qui s'y sont battus, tel l'homme qui allait devenir mon dentiste des années plus tard. Pendant la guerre, pour sauver sa peau, il s'est accroché à quelque chose qui flottait, et qui l'aidait à flotter par la même occasion, et il a traversé à nage le lac Ladoga dans l'isthme de Carélie, que la Finlande fût obligée de céder à l'Union Soviétique à la fin de la guerre. Il n'est peut-être pas la peine d'ajouter que mon futur dentiste n'en sortit pas tout à fait indemne. 

Les Caréliens, dont les terres furent cédées au puissant voisin en "dédommagement" (cela me rappelle un peu la situation actuelle quand ceux qui se défendent contre les voyous qui les attaquent, finissent par être jugés coupables) furent accueillis partout dans le pays. C'étaient nos réfugiés, et les reloger était un devoir et un honneur pour tous.

En face de chez nous, là où j'ai passé les vingt premières années de ma vie, il y avait, au pied de la Cathédrale Ouspenski, la plus grande église orthodoxe en Europe occidentale, un abri pour la population civile. Chaque mercredi (était-ce bien le mercredi ou un autre jour de la semaine?) à midi pile retentissait une sonnerie, une alarme, dans la ville. Ce n'était pas bien grave, c'était juste pour vérifier son bon fonctionnement. Si nous l'avions entendu à un autre moment de la journée, il aurait fallu courir se réfugier dans l'abri le plus proche. Tout le monde le savait.

Là où je déménageais ensuite, il y avait un abri identique. En fait, il y en avait, et il y en a toujours partout, car ils ont été rendus obligatoires par législation. Ce ne sont pas des simples abris anti-aériens, mais beaucoup plus performants.

Je n'ai donc pas connu la guerre, mais la période après ma naissance n'était pas simple non plus. La période de la guerre froide entre les deux grandes puissances mondiales se faisait ressentir partout dans le monde, et nous avions en plus à faire directement avec une de ses deux puissances le long d'une frontière de 1340 km, avec des miradors de part et d'autre, ainsi que des panneaux qui en interdisaient l'accès encore longtemps après ces premières années.

En outre, le fait que le pays souhaite élargir son commerce internationale d'avantage en dehors de l'Union Soviétique ne plût pas à celle-ci. Les relations diplomatiques furent interrompues avec entre autre le départ de l'ambassadeur soviétique en octobre 1958, et intervint une période appelé "gel de nuit" qui prit fin avec la rencontre du président Kekkonen avec Nikita Khrouchtchev et Andreï Gromyko fin janvier 1959 à Moscou. Les relations se dégradèrent de nouveau deux ans plus tard, à peu près en même temps que le mur de Berlin fût construit, et je me rappelle encore la crainte qui transpirait des grandes personnes même à l'encontre de la petite fille insouciante que j'étais.  

En se référant au traité finlando-soviétique signé en 1948, les soviétiques envoyèrent à l'automne 1961 aux finlandais une note diplomatique qui parlait de la menace représentée par l'Allemagne Fédérale, tout en sollicitant des consultations d'entraide militaire. Tout se termina - malgré la crainte qu'on pouvait avoir - pas trop mal.


C'était dans ces années d'incertitude politique, et aussi économique, avec beaucoup de chômage et peu d'espoir, qu'un de mes oncles décida avec sa femme d'émigrer vers un pays plus prospère et surtout des voisins moins belligérants.

Ce n'est sans doute que quelques années plus tard que je fus grande assez pour voir le film "Le Soldat Inconnu", réalisé d'après l'œuvre écrit en 1954 par Väinö Linna d'après ces propres expériences pendant la guerre de continuation. C'était un film en noir et blanc, réalisé en 1955 par Edvin Laine, qui retraçait la guerre entre des simples soldats finlandais et l'envahisseur. Le Soldat Inconnu a fait l'objet d'un second film trente ans plus tard, en 1985.

Je n'ai pas connu la guerre, mais la guerre est toujours là, quelque part. Elle tue des innocents, elle les déracine. Elle fait du mal non seulement à ceux qui y participent de gré ou de force, mais aussi aux autres innocents, même longtemps après. Elle déchire les familles, elle fait se réveiller en sueur des hommes et des femmes qui enfants ont souffert des traumatismes de leurs parents. Longtemps après. Les conséquences d'une guerre ne finissent jamais.

Les guerres ne sont pas décidées, ni souhaitées par les civiles, mais par des personnes avides de pouvoir, cupides de richesses, parfois aussi dictées par leurs propres peurs. Ils entraînent dans leur sillage des personnes qui pensent comme eux, et font ensuite se massacrer des innocents, tout en se mettant eux-même à l'abri afin de voir les richesses, le pouvoir s'accumuler pour eux.

Même les pays qui décident d'en aider d'autres ne le font pas par compassion, mais par intérêt. Quand la Finlande était en guerre, elle fût bien aidée par quelques volontaires, on ne peut pas le nier, mais quand par exemple les Français et les Britanniques proposèrent d'envoyer des bataillons d'aide par le nord de la Norvège et de la Suède, ils ne dirent pas que ce n'était qu'une toute petite partie qui aurait réellement été envoyée en Finlande, mais que la plupart des soldats serait restée dans le nord scandinave, là où il y avait de la richesse minière, plus intéressant à défendre qu'un pays agricole. 

L'histoire ne nous a pas appris grand-chose. La preuve, elle se répète tout le temps. Je ne peux que souhaiter qu'un jour nous puissions comprendre que la haine de l'autre ne mène à rien de bon, mais que des individus attisent cette haine pour nous envoyer les uns contre les autres, dans le seul but d'assouvir eux-mêmes leur cupidité de richesse, leur avidité de pouvoir. Et nous tombons très souvent, pour ne pas dire toujours, dans le panneau.

lundi 1 juin 2015

Survoler

Je vous ai déjà raconté, je m'en souviens, que plus jeune, dans mon adolescence, je m'entraînais à marcher sur l'eau, sans jamais vraiment devenir une championne.

Sans doute l'entraînement que je m'imposais chaque fois que je descendais les marches du ponton pour me baigner dans la mer, me fit-il pourtant du bien, puisque je réussis à rentrer un soir d'hiver en marchant sur la mer gelée, à peu près au même endroit où un élan se noya plus tard, en passant à travers la glace.

J'ai sans doute eu des intérêts un peu étranges dans ma vie, car la nuit dernière, en cherchant mon sommeil, quelque chose me rappela soudain que je savais aussi marcher sans que mes pieds touchent terre. La sensation me revint soudain, finissant par me réveiller plus encore. 

Ce n'est pas la première fois que cette marche quelques dizaines de centimètres au-dessus du sol me revient, bien que je ne la pratique plus depuis longtemps. (Sans doute mes quelques kilos superflus y sont-ils pour quelque chose....)

Vous vous dites sans doute que j'ai du rêver, et pourtant, je vous l'assure, je n'étais pas du tout endormie, je le sais. Ce n'était pas un rêve. C'était un rappel du passé.

J'ai commencé à pratiquer cette marche dans l'air à peu près à l'époque où le LSD commença à faire des ravages parmi les jeunes et les moins jeunes, les incitant à sauter par la fenêtre afin de planer dans le ciel. Nombreux furent ceux qui n'y arrivèrent pas, et qui s'écrasèrent des dizaines de mètres plus bas.

Le LSD n'est pourtant pour rien dans ma démarche. Je n'y ai jamais touché.

C'était en descendant les marches de notre entrée familiale que j'apprenais à mettre un pied devant l'autre, tout en le gardant dans l'air. Au début ce n'était pas facile, mais j'appris vite à faire plus d'un pas sans poser pied par terre, étonnant tout mon entourage, mais pas tellement moi-même.

Mes pieds, mes jambes s'en souviennent encore, mon corps et ma tête aussi. C'était une sensation très agréable d'arriver à survoler le sol. Elle n'était pas du tout irréaliste, et plus j'y pense, plus elle me revient.

Cette marche au-dessus du sol, je ne la pratiquais plus depuis longtemps, mais récemment quelque chose me fait y penser de plus en plus souvent.

La nuit dernière je ne me suis pas levée pour essayer, j'avais plutôt hâte de m'endormir, car je voyais l'heure avancer et je savais que le réveil allait sonner de bonne heure. En plus je ne voulais déranger ni DD, ni Foufou, par le bruit d'une chute éventuelle, due au manque d'entraînement.

Pourtant, cette sensation de pouvoir marcher au-dessus du sol est encore là, et tout en sachant que la chose est impossible, une petite voix me dit que je l'ai déjà fait, qu'avec un peu d'entraînement je le ferais encore!

***

Un psy pourrait sans doute trouver une explication à ces pas qui survolent le sol, et sans doute aussi au fait que je ne peux pas vraiment admettre que ce n'est arrivé que dans mon imagination. J'ai un doute. Un sacré doute. La sensation est tellement réelle que mes pieds ont de nouveau envie de s'élancer au-dessus du sol.

lundi 5 mai 2014

Le muguet

Dans un commentaire à mon petit mot précédent, Marguerite disait avoir appris récemment que le muguet est la fleur nationale de la Finlande.

En effet, si on visite la page française du "muguet" sur Wikipédia, on apprend même que le muguet l'est devenu en 1982. Cette année revient sur d'autres sites aussi, ce qui me chagrine.

En 1982 j'étais déjà en France, et ne m'occupais pas de fleurs nationales ou d'autres détails concernant la flore finlandaise. Pourtant je savais déjà que le muguet était pour les finlandais ce qu'est le lys pour les royalistes français.

Et pourquoi? 

Parce que je n'étais pas très grande, quand en suivant un jour, comme je le faisais de temps en temps, mon père à travers le palais présidentiel, j'appris - en quittant la grande salle à manger avec lui, il me semble, à moins que ce ne soit la salle des glaces - que Sylvi Kekkonen, l'épouse d'Urho Kekkonen, que j'avais vu devenir président de la république finlandaise en 1956, (et dont j'avais aussitôt fait le "portrait" le trouvant beau) et qui l'était encore à mon premier départ (pour la Belgique) en 1974, souhaitait voir que sa fleur préférée, le muguet, devenir officiellement fleur nationale.

Donc, quoi qu'en dise Wikipedia et d'autres "spécialistes", le muguet était lys déjà bien avant 1982. Il paraîtrait qu'il a été choisi par référendum en 1967, et mes souvenirs, aussi vivaces que le muguet lui-même, peuvent correspondre à cette date, ou plutôt en être antérieurs, ce qui voudrait dire que le peuple a suivi les souhaits de la présidence.

(Bien entendu, je n'étais pas d'accord avec Madame la présidente, préférant moi-même depuis que j'étais toute petite la campanule qu'on voyait pousser le long des chemins que j'empruntais en été. )

jeudi 20 janvier 2011

Muistoja ja ajatuksia hujan hajan.

Laiskottelin viime lauantaina sohvalla Nefertitin kanssa, kun mieleeni tuli vanha suomalainen laulu jota en ollut muistellut, saati kuullut vuosikymmeniin.

Minun piti ihan mennä You Tubesta katsomaan miten se oikein meni, sekä sanoiltaan että sävelmältään, ja sieltähän löytyi Leif Wagerin laulamana Sua vain yli kaiken mä rakastan, sinisilmiisi tuijotan. (Sanoista en ole ihan varma...)

Lötyi sieltä joku muukin esittäjä, mutta vaikken ole koskaan ollut Wager-fani, tämän esitys sopi muistikuviini parhaiten.

En koskaan Wager-fani! Tätä eivät varmaan monet entiset ystäväni ja tuttavani ymmärtäisi, näyttelijähän oli erittäin suosittu. Minua taas häiritsi jokin asia jota pidin teennäisenä hienostuksena. Ehkä se johtui filmistä. Saatoin tietysti olla väärässä. Luultavasti olinkin. Mutta miksen saisi olla eri mieltä? Smaken är delad som baken, sanoo ruotsalainenkin.

Vähän samaa hienostelua kuin se että joissakin suomenruotsalaisissa piireissä puhuttiin (puhutaanko yhä?) tuplakonsonanttein. "Min pappa har sju segelbåttar, hur många har din?" (Miksi kerskailet isäsi saavutuksilla? Etkö itse pysty mihinkään?)

Hienostelua ja kerskailua en tosin tavannut pelkästään ruotsia puhuvien keskuudessa. Sellainen ei välitä kielestä. Ja taisin olla sellaiselle pikkasen yliherkkä. Luultavasti liiankin.

Nuorena teininä olin kerran jäänyt yksin kesälaitumillemme Kultarantaan. Sellaista sattui, muttei kovin usein. Vanhempani olivat jossain muualla, Helsingissä ehkä, tai luultavammin matkoilla. Sekin oli harvinaista. Isäni oli aina töissä eikä ottanut juuri koskaan lomaa. Olin päivällä käynyt soutelemassa, Naantaliin ja takaisin, ja kiinnittänyt soutuveneen Munkkimäen laituriin, tavalliselle paikallensa.

Iltapäivän edetessä alkoi myrsky, josta kuuli että siitä tulisi voimakas. Mitään muuta ei kuullutkaan. Sähköt katkesivat, puhelinyhteydet myös. Olisin mielelläni mennyt katselemaan mitä tapahtui, mutta tajusin että minun oli syytä jäädä odottamaan myrskyn loppua.

Seuraavana aamuna puhelin soi. Pääpuutarhuri uteli olinko vielä elossa ja talo kunnossa. Sain samalla tietää että puistossa oli kaatunut puita, että veneitä oli kymmenittäin veden alla, myös lahden toisella puolen, Naantalissa. Sain myös tietää että päätökseni jäädä sisälle oli ollut oikea.

Päätin mennä tarkistamaan oliko soutuvene vielä paikallansa. Olihan se. Ainoita paatteja joka oli pysynyt aaltojen päällä. Olin siitä onnellinen, sillä olisin tuntenut itseni syylliseksi jos se olisi irtaantunut. Kultaranta II taisi olla vedenpinnan alla venevajassa. Tai ainakin täynnä vettä. Sellainen muistikuva on jäänyt silmäkalvolleni.

Jatkoin matkaani lehmusten alla. Tapasin siellä rouva K'n, joka toivotettuamme toisillemme hyvää päivää sanoi minulle "Mieheni, herra presidentti, kertoi minulle aikaisemmin aamulla että alueella on kaatunut 51 puuta."

Tarkasta määrästä en ole enää ihan varma, minua jäi ärsyttämään tuo "Mieheni, herra presidentti."

Eikä rouva tiennyt että minä tiesin että hänen miehensä oli tasavallan presidentti?

Ehkä silloin puhuttiin näin, mutta tällainen häiritsi jo siihen aikaan jatkuvasti uhmaikäistä minua. Häiritsee - tai naurattaa - vieläkin, kun joku alkaa "pudottamaan nimiä". Tosin ymmärrän nykyään että toisilla on tarve tuoda itsensä esille tällä tavalla. Ja varmaan olen itsekin niin tehnyt! (Joku voisi vaikka väittää että teen niin juuri nyt, mutta harva blogiystävänihän ymmärtää suomea, joten otan riskin.)

On muitakin asioita joita en ole ymmärtänyt. En eroa suomenruotsalaisten ja suomensuomalaisten välillä. Minusta kaikki suomalaiset ovat suomalaisia. Toisilla vaan on äidinkielenä suomi, toisilla ruotsi. Itse puhuin kumpaakin, nyt tosin vain ranskaa jo paljolti yli kolmekymmentä vuotta. (Blogi auttaa minua pitämään yhteyttä muihin kieliin.)

Suomessa kieliriidat eivät kuitenkaan ole meenneet niin pitkälle kuin Belgiassa. Joko sinne on saatu hallitus?

Työskentelin Brysselissä opintojeni jälkeen, suomalaisessa yrityksessä jolla oli sekä ranskaa että flaamia puhuvia asiakkaita. Eräs näistä, flaami, kieltäytyi puhumasta ranskaa ranskaa puhuville belgialaisille, vaikka hän puhui suomalaisten kanssa erinoimaisen hyvääkin ranskaa, ellei tietysti paikalla ollut belgialaisia. Silloin oli puhuttava englantia.

Jatkuvasti uhmaikäinen minä sanoi sitä hulluudeksi. En tosin asiakkaalle itsellensä. (Olisin saanut potkut.)

Miksi ihmisiä luokitellaan - ja miksi he luokittelevat itse itsensä - syntyperänsä tms mukaan. Minusta ihminen ei ole se miksi on syntynyt, vaan se miksi hän on itsensä kehittänyt. Tietenkin tämä kehitys riippuu myös olosuhteista.

Sain useita vuosia sitten kutsun Suomeen luokkakokoukseen. Menin, sillä menin samalla tapaamaan äitiäni. Itse asiassa olisin mennyt tapaaman äitiäni ilman sitä luokkakokoustakin.

Siellä oli muutama vanha opettajakin, joista ruotsin opettajani, jonka muistin mukavana ihmisenä joka ensimmäisenä oli tehnyt sinutkaupat oppilaittensa kanssa. Uudet ajat, uudet tavat ja nuori opettaja. Nyt hän sanoi minulle heti ensikäteen "Ja, det var du som bodde på slottet!" (Isäni virka-asunto.)

Olin pettynyt. Eikö hän muistanut minusta mitään muuta? Ei, hän oli virallista syytöstä nostamatta tuominut minut linnaan! Puolustukselle ei koskaan annettu sananvuoroa. Asiantuntojoilta ei pyydetty yhtäkään lausuntoa. Olin saanut elinikäisen tuomion, ja se on varmaan rikosrekisteriinkin kirjattu.

Eipä sitten ihme että laulaisin - jos minulla olisi ääntä ja korvaa - Nefertitille "Sua vain yli kaiken mä rakastan" tuijottaen samalla sen sinisiä silmiä. Kissat eivät katso ihmisten syntyperää, eivät kieltä tai koulutusta. Eivät myöskään pankkitiliä niin kauan kun ruokaa riittää. Kissat joko pitävät ihmisestä, tai ovat pitämättä.

Nefertiti pitää minusta, tarvitsee minua ollakseen onnellinen. Moumoune myös. Mutta Moumounella on ruskeanvihreät, kultaiset silmät. Minun pitää löytää sitä varten toinen laulu.

***

Vanhemmat ja isovanhemmat kertovat lapsillensa ja lastenlapsillensa muistoja menneisyydestä. Minulla ei ole lapsia joten kirjoitan ne blogiini. Itseäni varten. Psykoanalyysinä ehkä. Jotta ymmärtäisin miksi minusta on tullut se mitä olen.


Nuoren hpy'n vapaa töherrys UKK'sta kävelyllä ministeri Kleemolan kanssa Kultarannan puistossa Baldanin valokuvatoimiston valokuvan mukaan. Vuosilukua en tietenkään muista. Ehkä se löytyisi valokuvan takaa, jos löytäisin valokuvan jostakin.

lundi 17 janvier 2011

Pas d'aide alimentaire

On râle contre les camions, mais on en réclame pour transporter l'aide alimentaire.

Plus de 3 millions de Français ont droit à l'aide alimentaire. La Croix-Rouge, les Restos du Cœur, la Banque Alimentaire et d'autres associations collectent des denrées par des dons de particuliers et d'entreprises, par tout moyen et à tout moment.

Mais il faut quelqu'un pour transporter les denrées, et depuis 2009 - chose que le public ne sait probablement pas - on (entre autre le Ministère du logement en charge de l'exclusion) demande aux transporteurs routiers d'y participer bénévolement.*)

Déjà au moment de la guerre en ce qui fut autrefois la Yougoslavie, j'ai pu remarquer que l'aide des transporteurs était indispensable.

En effet, Jacques Aublé, qui à cette époque était responsable d'un centre de recherche pour la création de nouvelles variétés de pommes de terre, avait décidé de venir en aide aux victimes de la guerre. C'est ainsi, qu'à travers de quelques relations professionnelles, et d'autres amicales, nous avons été amenés à transporter des sacs de semence vers le lieu de groupage, d'où d'autres camions devaient ensuite acheminer la totalité de l'aide vers les Balcans.

A la fin de cette initiative caritative, un concert a été tenu par la Lyre Maritime de Fécamp, et l'Abbé Pierre y était invité, tout comme nous. C'est la seule fois que j'ai pu serrer la main et échanger quelques mot avec cet homme qui me paraissait à l'époque déjà bien fragile physiquement, quoique pas moralement.

La Yougoslavie me fait penser à Tito. Cela s'est passé l'année de mes 12 ans. Le président yougoslave était en visite d'état en Finlande, et comme cela pouvait arriver, j'ai glané quelques informations qui ne sortaient pas vers le grand public. Ceux qui savaient ne divulguaient pas tout à la presse comme cela se fait souvent aujourd'hui...

Tito avait, parait-il, une peur bleue de se faire tuer, et même pendant les dîners officiels il avait un goûteur (comme l'avaient autrefois les rois) pour s'assurer que ce qu'on lui servait n'était pas empoisonné. En même temps, s'il avait pu manger du "lenkkimakkara" (une sorte de cervelas) à chaque repas, il aurait été le plus heureux des hommes. Il demandait même qu'on lui en apporte pour son petit déjeuner.

***

*) "Le transport de denrées alimentaires pour une association à titre gracieux peut être qualifié de don au sens de l'article 238bis du CGI et ce quel que soit le volume ou le poids transporté. Ce don ouvre droit à une réduction d'impôt de 60% de la valeur du don et ce dans la limite du 5 millième du CA de l'entreprise."

lundi 7 septembre 2009

Rencontres

Nos visites familiales du coté de Pargas s'étaient pour ma part terminées dans l'adolescence. J'avais autre chose à faire, comme d'apprendre une langue étrangère pendant deux mois à l'Alliance Française, boulevard Raspail à Paris en 1969, ce qui comprenait aussi - quoique pas officiellement - pas mal de soirées passées au Tabou, rue Dauphine à St Germain-dès-Près.

Ce n'est qu'au moment où mon frère a construit une petite résidence secondaire sur une autre île de l'archipel que j'y suis retournée, il y a une quinzaine d'années.

Un jour, pendant une de ces visites, j'ai eu envie de voir si je pouvais encore retrouver la maison de ma tante Astrid sur l'île d'Attu. DD et moi sommes donc partis à l'aventure, et c'est les doigts dans le nez - comme beaucoup d'automobilistes - que j'ai fait la route directement, et sans me tromper une seule fois, jusque la maison rouge sur le rocher où j'avais si souvent caressé le chat de la maison, pendant que les grands discutaient en buvant du café.

Nous avons frappé à la porte, et surprise, c'était mon cousin Kalevi qui y habitait. J'avais connu Kalevi, car lorsqu'il était plus jeune, il avait passé un été à Kultaranta. Mais nous n'avions pas gardé le contact.

Kalevi était occupé, mais il a eu le temps de nous conduire vers la résidence secondaire de sa sœur Linnéa, que je n'avais jamais rencontrée.

Une belle amitié s'est liée entre ma cousine, son mari Esko, DD et moi. Depuis une dizaine d'années ils sont venus nous voir en camping-car presque chaque printemps.

Cette fois-ci, c'était à nous de leur rendre visite.

samedi 14 mars 2009

Love story

Olenkohan päästäni ihan sekaisin?

Olen lukenut blogistanista kuinka monelle tulee kyyneleet silmiin kun he katselevat tai muistelevat Love Storya, vanhaa nyyhkyleffaa.

Minuun Love Story ei vaikuta moksiskaan, mutta antakaa minulle kuunneltavaksi Jääkärin marssi ja saattaakin olla että kyneeleeni virtaavat aivan kuin Imatran koski ennen kun Akseli Gallen-Kallela vangitsi sen kankaalle.



Porilaisten marssi on myös aina kuulunut suosikkeihini. Sitä yritin laulaa kansakoulun laulukokeissa, tuloksena todistuksen huonoin arvosana.



Marssit ovat oma love storyni. Eivät pelkästään suomalaiset.

***

Samoin kuin Obelix putosi taikajuomapataan, minä putosin pikkuskidina Jääkärimarssi- ja muutenkin marssipataan kun itsenäisyyspäivän vastaanotoilla seisoin lehterillä Puolustusvoimain soittokunnan vieressä katselemassa Mannerheim-ristin ritareiden kättelevän Paasikiviä ja myöhemmin Kekkosia. Vika ei siis ole minun vaan Akvavitixin. Eikä juuristaan pääse edes yrittämällä eroon.


vendredi 20 février 2009

Démarrage difficile



En bon citadin, le petit Juha, le premier de mes neveux, ne sut pas faire la différence entre une vache et un cheval. Quand il vit des vaches, il dit: Voilà des chevaux.

Quand il aperçut un cheval derrière une clôture, il le prit pour une vache.

Remarquez! Je n'étais guère plus instruite, car je ne savais pas où était le bouton de démarrage du cheval.

Avec l'age, le petit Juha à appris a reconnaitre les animaux, mais moi, je ne sais toujours pas démarrer un cheval sans moteur.

mercredi 4 février 2009

Marcher


Est-ce parce que j'ai lu plusieurs livres du suédois Henning Mankell dernièrement, et pas seulement des histoires du commissaire Kurt Wallander, mais aussi un roman, Le fils du vent, qui se passe à la fin du XIX° siècle et dont le héros est un jeune noir qui se fait adopter de force par un suédois tourmenté par la religion, puis amené du désert de Kalahari jusque dans une Suède où on ne le comprend pas, et qui veut apprendre à marcher sur l'eau comme Jésus, dans le seul but de rentrer chez lui, par les mers comme il est arrivé en Suède, mais à l'opposé, ou est-ce parce que j'ai également lu les loufoqueries du finlandais Arto Paasilinna, qui constate que le seul moyen de marcher sur l'eau est de le faire sur la mer gelée, ou est-ce sans rapport avec mes lectures que je me suis soudain souvenu d'une épisode de ma vie? Parfois des souvenirs surgissent sans raison aucune.

Contrairement à ma soeur et à mon frère, je n'ai jamais été une bonne nageuse. Ma mère m'avait pourtant appris à nager vers l'age de sept ans, l'été à Kultaranta, à la petite plage de sable, près de Frälssi, où tout le monde se retrouvait, et où l'eau n'était pas trop vite profonde.

Plus tard on m'a jetée dans la mer depuis le ponton de Frälssi, me tenant par les bras et les jambes, mais plonger ne m'intéressait pas. Je me laissais pourtant faire. C'était quand même assez rigolo.

Il y avait l'été où mon vélo avait fini dans l'eau, à l'endroit où le vieux Wellamo accostait chaque vendredi soir avec sa cargaison de curieux venus visiter le domaine. Le vendredi soir, nous, les gosses, nous amusions à regarder les curieux se promener, nous asseyant sur les marches de la maison des jardiniers, faisant du vélo dans le parc, nous cachant derrière les panneaux "Accès interdit" que personne d'autre ne franchissait d'ailleurs. On ne faisait pas tout un plat de la sécurité à l'époque, et le public était très respectueux.

Un vendredi soir, le Wellamo, sans doute un peu en retard sur son horaire de départ, est parti entrainant dans son sillage un gros morceau du ponton en bois, car quelqu'un avait oublié de le désamarrer. Mon vélo bleu fût remonté, mais pas par moi, car plonger ne m'intéressait toujours pas. Mon idée à moi, c'était d'apprendre à marcher sur l'eau.

Alors, pendant que les copains continuaient de sauter joyeusement dans l'eau, s'éclaboussant en riant et en criant fort, je prenais les marches qui descendaient dans l'eau en faisant attention à ce que mes pieds, puis mes genoux, et puis toute moi ne pénètre pas dans l'eau. Peine perdue, je m'y enfonçais toujours, mais ce n'était pourtant pas faute d'avoir essayé, répété, insisté. Même la foi que j'avais en ma réussite ne m'aidait pas.

L'automne venu, je rentrais avec mes parents à Helsinki, laissant une partie des copains sur place, car leurs parents aussi restaient à demeure au domaine de Kultaranta.

Un hiver, je devais avoir une quinzaine d'années, j'avais réussi à convaincre mes parents de me laisser aller passer ma semaine de congé scolaire à Kultaranta, à moins que ce soient au contraire eux qui voulaient se débarrasser de moi. Je me rappelle y être allée en camionnette, sans doute envoyée pour approvisionner le palais en fleurs ou autre chose en provenance des serres du domaine.

Une fois arrivée sur place, je ne me suis pas installée dans la maison que nous habitions habituellement en été, car elle était froide et abandonnée, mais au château en granit gris qui se dressait en haut de la colline, et que l'on chauffait tout l'hiver bien qu'il restait vide. L'humidité aurait pu décoller les papiers peints, abîmer des meubles et des tableaux.

Le château avait été construit par Alfred Kordelin qui n'y passa qu'un an avant de se faire tuer par les rouges à Mommila en 1917. Son buste se trouvait de l'autre coté du parc, et en été j'avais l'habitude de raconter son histoire aux curieux qui souhaitaient apprendre plein de choses sur le domaine. Je m'étais auto-proclamée guide, et je conduisais les visiteurs à travers le parc, le jardin des phlox, le labyrinthe, le jardin bleu, la pergola, la roseraie avec ses fontaines. Je leur expliquais les statues. Cela me faisait toujours un peu d'argent de poche.

Le jardinier en chef, Monsieur Korventausta, m'avait dégoté une paire de skis, ou je les avais peut-être apportés avec moi, et je passais mes journées à skier partout , dans le parc, et dans la forêt. Je connaissais le domaine comme ma poche, n'y avais-je pas mis les pieds la première fois âgée de deux mois à peine? Je me suis même aventurée sur la mer gelée, en partant de la petite plage de sable où j'avais appris à nager, longtemps avant de vouloir apprendre à marcher sur l'eau.

Un jour j'ai décidé d'aller à la ville voisine, à 3 km du château. J'ai pris la route à pied, l'été c'était facile à vélo, mais avec la neige, il valait mieux marcher. J'ai passé le pont d'Ukko-Pekka, qui portait le surnom d'un des présidents finlandais, Pehr Evind Svinhufvud, et qui reliait l'île de Luonnonmaa où se trouvait le domaine, au continent et à la ville de Naantali. Je me suis enfin trouvée sur le ponton qui était réservé au domaine, et j'ai regardé le vieux château se dresser en face de moi, de l'autre coté de la baie gelée.

Comme il n'était plus très tôt, je n'avais pas avancé très vite, et comme il y avait des traces de pas de marcheurs sur la glace, j'ai décidé de rentrer en traversant la baie à pied.

Mal m'en a pris, car la journée était encore plus avancée que je ne pensais, et bientôt je ne voyais plus très loin devant moi. Quelle ne fut ma surprise lorsque mon pied soudain a heurté un rocher. J'avais dévié de mon trajectoire et me trouvais sur la toute petite île de Ristikari, au milieu de la baie, là où en été on allumait le bûcher de la St-Jean. Bon, au moins savais-je, où je me trouvais.

J'ai pris mon cap sur ce que je pensais être le ponton du château, et je me suis mise à avancer dans l'après-midi qui se faisait de plus en plus noir. Soudain, la glace que j'apercevais devant moi n'était plus blanche, mais noire, elle aussi. Aïe aïe! Cela voulait dire qu'à chaque instant elle pouvait se rompre sous mes pas.

Je ne sais pas comment j'ai réussi à atteindre le ponton, j'avançais la peur au ventre, pas par pas, mais j'étais sans doute née sous une bonne étoile, comme le dit récemment un ami en parlant de lui-même, une quinzaine de jours avant de déposer le bilan.

Sur des jambes tremblotantes j'ai réussi à monter sur le ponton, et à escalader la colline du château avant de m'enfermer dans la chambre que je m'étais choisie. J'avais froid.

Je n'ai parlé de mon aventure à personne, car ce n'était pas la peine de transmettre la peur que j'avais éprouvée à d'autres, surtout que ce n'était pas mon corps à moi qu'on a repêché de la baie un peu plus tard, mais celui d'un élan qui avait eu la malencontreuse idée de vouloir traverser la baie au même endroit que moi, là où le courant était le plus fort.

Ce souvenir lointain m'en a rappelé un autre. Bien que ce jour d'hiver j'avais finalement réussi à marcher sur l'eau, ce que j'ai vraiment su faire, je le sens encore, mon souvenir en est toujours si vif, si présent, je m'y vois, j'en suis certaine, je sais que j'ai su marcher sans poser pied par terre. Je l'ai fait si souvent, prendre un premier pas, un second, puis marcher, courir, voler.



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vendredi 19 décembre 2008

Le fric, c'est chic

Issu d'un milieu plus que modeste, mon père avait de par sa fonction la charge d'un budget important. Aux standards d'aujourd'hui, il n'était peut-être pas si important que cela, car le pays était en train de régler sa dette de guerre à l'Union Soviétique, et n'avait pas vraiment beaucoup de moyens.

Le budget devait rester équilibré, il ne fallait pas compter sur la planche à imprimer pour avoir de nouveaux moyens, et il s'acquittait fort bien de sa tâche, si bien d'ailleurs que lorsqu'il aurait du prendre sa retraite bien plus tard, on lui demanda de rester encore quelques années pour superviser les travaux de rénovation qui avaient été commencés quelques temps avant.

Il accepta, et travailla jusqu'à 70 ans. Il ne vit jamais son 71° anniversaire.

Par contre, quand il devait s'occuper du budget familiale, c'était un désastre. Il avait tellement l'habitude de chiffres se terminant par de nombreux zéros, qu'il avait perdu la notion de l'argent d'une famille dont le budget se terminait avec beaucoup de zéros en moins.

Alors, vers le 15 du mois, son salaire était dépensé et sa famille criait famine, si bien qu'il devait souvent emprunter pour que tout le monde ait de quoi manger.

Heureusement il avait appris à déléguer bien avant que ceci ne devienne à la mode, et lorsque ma mère a commencé à gérer le budget familiale, tout est rentré dans un ordre plus normal.

***

Je me demande aujourd'hui, si les dirigeants de grandes entreprises, d'organisations, de pays, n'ont pas un problème avec l'argent, pas forcément le même qu'avait mon père, mais un autre, similaire peut-être.

A force de distribuer des milliards par ci, d'en investir ou d'en placer d'autres par là, d'un argent qui en général ne leur appartient pas, savent-ils encore de quoi ces milliards sont faits? Connaissent-ils la sueur qu'il a fallu pour les agglutiner.

Sauraient-ils se débrouiller avec un smic?

lundi 8 décembre 2008

Monsieur Pique

Les soirs où Monsieur Y ne vide pas son assiette - et cela arrive, car finalement il ne doit pas avoir si faim que cela - l'assiette se vide quand même un peu plus tard dans la soirée ou dans la nuit.

Soudain, on entend un bruit de vaisselle derrière la porte fermée, mais quand on essaie de voir si c'est un renard affamé qui vient manger nos croquettes, on ne voit qu'une ombre disparaître dans la nuit.

Depuis l'été où ma mère avait rapporté un hérisson à la maison pour que l'enfant de la ville que j'étais puisse faire connaissance avec cette bête venue des temps lointains, j'ai eu un faible pour cet animal que aime bien lancer des piques.

Nous ne l'avons pas gardé longtemps. Il sentait très fort.

Je savais, en tout cas je m'en doutais, qu'on avait des hérissons dans les environs, mais je n'avais jamais encore eu l'occasion de leur parler.

Maintenant c'est chose faite, et Monsieur Pique et moi nous nous sommes dits bonjour. La prochaine fois nous parlerons peut-être de la pluie et du beau temps.

samedi 6 décembre 2008

Itsenäisyysilta

Valokuvatorstailla ei ole kiire tällä viikolla, sillä valokuvan voi ottaa aikaisintaan tänään lauantaina, kello kuusi iltapäivällä. Suomen itsenäisyyspäivänä.

Kun olin pikkuskidi, itsenäisyyspäivä oli minulle tärkeä, sillä silloin oli Kekkosen linnassa juhlat, ja minä olin aina mukana. Olin jo ennen Kekkosta, mutten hänen jälkeen.

Sen jälkeen kun olen muuttanut Suomesta pois, olen ollut silloin tällöin, kauan sitten, suurlähetystön kokkareissa, mutta sekin asia on jäänyt pois jo aikoja sitten. Olen suomalaisten keskuudessa tuntematon.

Tänään meillä on omat juhlamme. Entinen asiakkaamme tulee vaimonsa kanssa syömään, vaikkei sillä ole mitään tekemistä itsenäisyyden kanssa. Ystävyyttä voi kutenkin juhlia milloin tahansa.

Tässä vaan odottelemme, vielä vajaat pari tuntia. Aperot kotona, ja sitten ravintolaan. Toivottavasti hyvää illanviettoa. Ei muuta.

mardi 11 novembre 2008

Mademoiselle pue

J'avais déjà écrit le premier chapitre de mes mémoires, mais en finnois, avant de laisser tomber la suite.


Ce chapitre traitait de ma naissance, car il faut commencer par le début quand on parle de soi.

J'avais aussi parlé de mon nom, notamment de son abréviation, qui a donné nom à ce blog. Mais je l'avais fait en anglais, car certaines choses ne sont pas traductibles.

Ensuite j'aurais sans doute du parler de mon enfance pour suivre un ordre chronologique, mais pourquoi faire dans l'ordre ce qu'on peut faire dans le désordre?

Alors, aujourd'hui je vais parler de Mademoiselle Pue, une immigrée.

Quand je suis venue en France en 1977, c'était pour travailler avec Peter et Lyliane, deux autres immigrés, le premier venant de Suède et la seconde du département du Nord, nos autres collègues étant principalement des Français des quatre coins du monde.

L'accueil était chaleureux, mais il faut quand même noter que certains, et je dirais surtout ceux dont on aurait pu attendre de la courtoisie par leur fonction, prenaient un malin plaisir à m'appeler Mademoiselle Pue tout en arborant un sourire angélique.

Mon nom de famille (Pyy) se prononce ainsi en finnois, mais tout le monde - sauf les plus courtois qui tenaient à le prononcer correctement en finnois - disait pi, trois quatorze-cent-seize, en adoptant la prononciation française.

Mais quand on a eu un grand oncle des plus sarcastiques dans la famille, même si on ne l'a jamais connu, on n'en souffre pas. On apprend à en sourire, tout comme la Lily de Pierre Perret.

Plus dans le désordre dans un prochain chapitre! Un autre jour! Quand j'aurais de nouveau envie de me déshabiller! (Quoique, je le fais sans doute un peu tous les jours. Un blog personnel est une psychothérapie moins onéreuse que d'aller chez un réducteur de têtes. J'ai toujours voulu me comprendre, apprendre à me connaître, savoir comment et pourquoi je fonctionne, car le jour où je le ferai, je comprendrai aussi un peu les autres.)

mercredi 5 mars 2008

G for Gift



When my father celebrated his 60th birthday more than forty years ago he received a painting representing the old cloister church of Vallis Gratiae.

I have recently became owner of this painting which is now hanging on the wall in the guest room.

It reminds me of the time I spent across the bay, listening to the music coming in from Vallis Gratiae in the quiet summer evenings.

lundi 24 décembre 2007

Le réveillon de Noël




Quand j'étais petite, la journée du 24 décembre était une journée pleine d'attente mais aussi pleine de travail. Mon papa avait l'habitude d'offrir des cadeaux à ceux que nous appelions le personnel. (Non, pas le notre.) Et moi, je l'aidais à les emballer.


Un peu plus grande, mais toujours petite je distribuais des hyacinthes et d'autres fleurs de Noël qu'il offrait toujours au même personnel ainsi qu'à des amis de la famille. Ma journée se passait dans les transports en commun et dans les rues de la ville.


Plus tard dans l'après-midi lorsqu'il faisait déjà sombre, j'accompagnais ma maman sur la tombe de mon petit frère pour y déposer une bougie qui y brulerait toute la nuit. C'était beau, toutes ces flammes qui dansaient dans la nuit. Nous y allions toujours ensemble, toutes les deux, en bavardant des choses de mon age, de la vie et de la mort, alors que mon papa travaillait encore.


Et au retour c'était déjà presque l'heure du repas, mais avant il fallait porter à manger aux gardes qui étaient de service. Mon papa avait décidé que nous partagerions notre repas avec eux afin qu'ils se sentent plus de la fête, éloignés qu'ils étaient de leur famille.


Le dîner était traditionnel avec différentes sortes de harengs marinés à la nordique, pas achetés en boîte de conserve mais préparés par ma maman. Il y avait aussi du lutfisk, une espèce de morue séchée et sans goût que je n'aimais pas, et que par conséquent je ne mangeais pas. Oui, j'ai toujours été difficile, je le sais et je l'avoue. Le jambon de Noël, encore chaud, et dont nous mangerions les restes pendant longtemps, était toujours un délice. Le risgrynsgröt, une sorte de riz au lait, saupoudré de cannelle et de sucre clôturait le repas.


Après le repas j'avais le droit d'aller voir le sapin de Noël dont nous allumions les bougies, et puis, c'était l'attente du Père Noël qui venait avec les cadeaux - que j'avais déjà soigneusement tâtés dans leur cachette pendant des semaines avant. Toujours des surprises. Et c'était toujours mon papa qui avait le plus grand nombre de cadeaux!


Une année, je n'étais pas bien grande, assise sur les genoux du Père Noël, j'ai tiré sur sa longue barbe blanche, et j'ai reconnu un des gardes à qui nous avions porté à manger un peu plus tôt.


Ce soir j'allumerai une bougie dehors.

vendredi 2 novembre 2007

Book Cover Tag



The more I scream that I don't want to be tagged, the more I get tagged. This time I'm the hpy victim of Cuckoo.

Rule:

Go to the advanced book search on Amazon, type your first name into the Title field, and post the most interesting/amusing cover that shows up.


So I did, and the first book I found was one about Helene Scherfbeck. I didn't look further.




Helene Scherfbeck (1862-1946) was a Finnish painter and what more, the one my mother liked best. As a child I had the chance to see several of her paintings, some of them very often, and I must agree with my mother. They are highly sensitive. They are the best.

I had the chance to see many Finnish paintings during my childhood.

The forging of the Sampo by Akseli Gallen-Kallela (1865-1931) was my favourite painting for a long time when I was just a little girl.

One of the best known portraits, if not the best one of Louis Pasteur was painted by Albert Edelfelt (1854-1905), but I knew many other of his paintings, and I liked them very much. I still do.

When I close my eyes and say Helene Scherfbeck to myself, I can see one particular painting. Still today.

I grew up with these paintings. They are part of me.

Now I must ask some of you to do the same, to find your book and to tell us all about it.

1. Cergie, my friend who recently said that she doesn't want to be tagged,
2. Delphinium, a delicious delirium,
3. Isopeikko, a painter in Finnish words,
4. Marja, a sculptress from Finland,
5. Nazzareno, the Roman sensitiveness,
6. Peter, a Swede in Paris,
7. Trijnie, an artist from Holland.

Let's see what your name has to tell us.



mardi 25 septembre 2007

Kistan

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Jag var omkring femton ar gammal da min morsa arvde halften av en liten sommarkoja efter sin gudmor. Andra halften kopte hon.
I stugan fanns ett rum med bara skrap. Gamla tidningar fyllde det fran golv till tak.
Under skrapet hittade jag en gammal kista. AD 1783 star malat inuti. Den ar min, sa jag. Och jag fick den och skraprummet blev mitt rum da allt det andra kommit ut och jag snyggat till det lite grann.
Stugan saldes for kanske tio ar sedan och kistan har varit pa lager, men forra veckan kom den antligen hem till mig.
Den ar sa stor att det inte gick att ta upp den genom trappan, men upp fick vi den trots allt.
Den ar hemma nu. Och den passar mycket bra fastan den bytt land.

jeudi 23 août 2007

Katajanokan kanava

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Kuinka monta kertaakaan katselin pienena itseani punaiseen pukeutuneena hukkuvan Katajanokan kanavan kuplivaan, meluisaan, pohjattomaan vihreaan veteen ennen kun herasin Hetekassani.
Kanavan ymparistoa on sen jalkeen muutettu, ja paikalle on minua varten lisatty pieni punainen pelastusvene!

samedi 18 août 2007

Helenegatan

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Tiderna forandras. For mycket lange sedan var det femmans sparvagn som kom skrallande fran Skatudden. Nu bar den nummer fyra.
Rappningen flagnar av pa huset i kvarteret som fatt namnet Leoparden. Tidigare fanns inte namnet pa nagon skylt. Fanns namnet over huvud taget?
Da man kom fran Alexandersgatan kunde man svanga vansterut - men jag hade varken bil eller korkort. Och varfor vanda at vanster?
Innan kvarteret hade forandrats var min namnsdag nagon gang i juni eller juli. Jag minns inte sa noga. Idag ar den idag.
Allt har forandrats sedan jag lamnade kvarteret dar jag vaxte upp. Antagligen jag ocksa.

jeudi 12 juillet 2007

Lindblom

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Har star en lind pa backen och doftar gott.
Da jag kommer tillbaka efter att ha gatt ner efter posten, brukar jag snusa med nasan i vadret och just nu, da det finns lite mera fukt i luften, ar doften kannbar pa annu langre hall.
Har i trakterna ar ortte ratt sa populart, inte enbart hos kvinnor men aven man. Lindblom och pepparmynta ar en vanlig blandning, som jag latt kunde gora. Bada vaxer inom rackhall, och kunde bli grunden till en avkopplande dryck.
Men jag har fortfarande flera burkar julte att dricka upp, och det ar annu narmare.
***
Lindblom ar ocksa ett tillnamn. Det far mig att halsa till Aira. Jag minns (det ar sa nar man blir aldre, man borjar minnas), jag minns alltsa sommaren for mycket lange sedan, da din man fyllde femtio ar och da festen pagick hela natten. Mot morgontimmarna skottade jag och en annan person hem en av gasterna i en tvahjulig tradgardskarra. Han var sa trott.
***
Jag minns ocksa lindallén nere vid stranden, dar jag tyckte om att cykla mellan de tva bryggorna, och dar vi brukade titta pa midsommarelden som tandes pa Ristikari ute pa viken.