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mardi 24 janvier 2012
Il n'y a pas qu'en France qu'on parle beaucoup d'élections présidentielles. Comme vous avez certainement pu voir dans la presse - à condition de bien fouiller - la Finlande, petit pays européen doté d'un triple A, est en train de se choisir un nouveau président. Le premier tour a eu lieu tout récemment, et les deux candidats restants en lice sont un conservateur et un vert.
L'un des deux était un outsider et son résultat a étonné plus d'un observateur.
Moi, ce qui m'étonne (enfin, cela ne m'étonne pas vraiment), ce sont certains commentateurs, blogueurs ou non, qui soutiennent ce candidat parce qu'il est gay et ne le cache pas.
Est-ce une bonne raison pour faire son choix? On peut comparer avec Obama, soutenu par beaucoup à cause de sa couleur.
Qu'un candidat soit gay, bi ou hétéro, je m'en fiche. Ce qu'il fait de son corps ne me regarde pas, et je ne pense pas non plus que ce soit la sexualité d'une personne qui en fasse un bon ou un mauvais président. Ni sa couleur, d'ailleurs.
Ce qui compte, c'est plutôt ce qu'il a dans son cerveau et dans son cœur, sa capacité à bien faire son boulot.
Le futur élu, qu'il soit gay on non, passera sans doute quelques temps de son mandat dans le château de la photo, car ce sera sa résidence secondaire. Ces jours-là le drapeau y sera hissé.
mercredi 2 septembre 2009
Escapade
L'actuelle occupante n'était pas à la maison. Si cela avait été le cas, le drapeau aurait été hissé. Quand j'étais petite, je devais rentrer au plus tard au moment où on le descendait, ce qui en été se faisait à 9 heures, car les règles veulent qu'un drapeau soit baissé au coucher du soleil, mais en aucun cas plus tard que 9 heures.
Nous avons fait demi-tour en espérant que la mouette ne nous rattraperait pas malgré cette petite escapade dans le passé.
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Libellés : Gullranda, Kultaranta, Naantali, Nådendal, route, vacances 2009
mardi 1 septembre 2009
Le débarquement
A Nådendal nous aurions pu faire un tour dans la vieille ville, visiter l'église de l'ancien couvent, manger un morceau au restaurant Kaivohuone, écouter la mer glouglouter sous le ponton en bois où j'amarrais ma barque à rames*) autour des années 1960. Nous aurions pu regarder les vieilles maisons en bois, l'ancien puits de Kaivokatu (rue du puits), mais nous n'avons rien fait de tout cela, car le port de commerce se trouve un peu à l'extérieur de la ville, et la route que nous voulions prendre afin de mettre encore plus d'espace entre nous et la mouette, se trouvait plus près.
Nous aurions bien le temps de faire un peu de tourisme plus tard. Et puis, la ville avait tellement changé depuis l'époque où j'y allais le plus souvent en vélo**), que nous aurions pu nous y perdre!
**) Le vélo, un vélo bleu d'adulte, m'appartenait. J'avais appris à pédaler avant de pouvoir m'assoir sur la selle - j'étais trop petite - et j'aimais la vitesse et les courses avec les copains.
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hpy
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Libellés : Naantali, Nådendal, vacances 2009
mercredi 4 février 2009
Marcher
Est-ce parce que j'ai lu plusieurs livres du suédois Henning Mankell dernièrement, et pas seulement des histoires du commissaire Kurt Wallander, mais aussi un roman, Le fils du vent, qui se passe à la fin du XIX° siècle et dont le héros est un jeune noir qui se fait adopter de force par un suédois tourmenté par la religion, puis amené du désert de Kalahari jusque dans une Suède où on ne le comprend pas, et qui veut apprendre à marcher sur l'eau comme Jésus, dans le seul but de rentrer chez lui, par les mers comme il est arrivé en Suède, mais à l'opposé, ou est-ce parce que j'ai également lu les loufoqueries du finlandais Arto Paasilinna, qui constate que le seul moyen de marcher sur l'eau est de le faire sur la mer gelée, ou est-ce sans rapport avec mes lectures que je me suis soudain souvenu d'une épisode de ma vie? Parfois des souvenirs surgissent sans raison aucune.
Contrairement à ma soeur et à mon frère, je n'ai jamais été une bonne nageuse. Ma mère m'avait pourtant appris à nager vers l'age de sept ans, l'été à Kultaranta, à la petite plage de sable, près de Frälssi, où tout le monde se retrouvait, et où l'eau n'était pas trop vite profonde.
Plus tard on m'a jetée dans la mer depuis le ponton de Frälssi, me tenant par les bras et les jambes, mais plonger ne m'intéressait pas. Je me laissais pourtant faire. C'était quand même assez rigolo.
Il y avait l'été où mon vélo avait fini dans l'eau, à l'endroit où le vieux Wellamo accostait chaque vendredi soir avec sa cargaison de curieux venus visiter le domaine. Le vendredi soir, nous, les gosses, nous amusions à regarder les curieux se promener, nous asseyant sur les marches de la maison des jardiniers, faisant du vélo dans le parc, nous cachant derrière les panneaux "Accès interdit" que personne d'autre ne franchissait d'ailleurs. On ne faisait pas tout un plat de la sécurité à l'époque, et le public était très respectueux.
Un vendredi soir, le Wellamo, sans doute un peu en retard sur son horaire de départ, est parti entrainant dans son sillage un gros morceau du ponton en bois, car quelqu'un avait oublié de le désamarrer. Mon vélo bleu fût remonté, mais pas par moi, car plonger ne m'intéressait toujours pas. Mon idée à moi, c'était d'apprendre à marcher sur l'eau.
Alors, pendant que les copains continuaient de sauter joyeusement dans l'eau, s'éclaboussant en riant et en criant fort, je prenais les marches qui descendaient dans l'eau en faisant attention à ce que mes pieds, puis mes genoux, et puis toute moi ne pénètre pas dans l'eau. Peine perdue, je m'y enfonçais toujours, mais ce n'était pourtant pas faute d'avoir essayé, répété, insisté. Même la foi que j'avais en ma réussite ne m'aidait pas.
L'automne venu, je rentrais avec mes parents à Helsinki, laissant une partie des copains sur place, car leurs parents aussi restaient à demeure au domaine de Kultaranta.
Un hiver, je devais avoir une quinzaine d'années, j'avais réussi à convaincre mes parents de me laisser aller passer ma semaine de congé scolaire à Kultaranta, à moins que ce soient au contraire eux qui voulaient se débarrasser de moi. Je me rappelle y être allée en camionnette, sans doute envoyée pour approvisionner le palais en fleurs ou autre chose en provenance des serres du domaine.
Une fois arrivée sur place, je ne me suis pas installée dans la maison que nous habitions habituellement en été, car elle était froide et abandonnée, mais au château en granit gris qui se dressait en haut de la colline, et que l'on chauffait tout l'hiver bien qu'il restait vide. L'humidité aurait pu décoller les papiers peints, abîmer des meubles et des tableaux.
Le château avait été construit par Alfred Kordelin qui n'y passa qu'un an avant de se faire tuer par les rouges à Mommila en 1917. Son buste se trouvait de l'autre coté du parc, et en été j'avais l'habitude de raconter son histoire aux curieux qui souhaitaient apprendre plein de choses sur le domaine. Je m'étais auto-proclamée guide, et je conduisais les visiteurs à travers le parc, le jardin des phlox, le labyrinthe, le jardin bleu, la pergola, la roseraie avec ses fontaines. Je leur expliquais les statues. Cela me faisait toujours un peu d'argent de poche.
Le jardinier en chef, Monsieur Korventausta, m'avait dégoté une paire de skis, ou je les avais peut-être apportés avec moi, et je passais mes journées à skier partout , dans le parc, et dans la forêt. Je connaissais le domaine comme ma poche, n'y avais-je pas mis les pieds la première fois âgée de deux mois à peine? Je me suis même aventurée sur la mer gelée, en partant de la petite plage de sable où j'avais appris à nager, longtemps avant de vouloir apprendre à marcher sur l'eau.
Un jour j'ai décidé d'aller à la ville voisine, à 3 km du château. J'ai pris la route à pied, l'été c'était facile à vélo, mais avec la neige, il valait mieux marcher. J'ai passé le pont d'Ukko-Pekka, qui portait le surnom d'un des présidents finlandais, Pehr Evind Svinhufvud, et qui reliait l'île de Luonnonmaa où se trouvait le domaine, au continent et à la ville de Naantali. Je me suis enfin trouvée sur le ponton qui était réservé au domaine, et j'ai regardé le vieux château se dresser en face de moi, de l'autre coté de la baie gelée.
Comme il n'était plus très tôt, je n'avais pas avancé très vite, et comme il y avait des traces de pas de marcheurs sur la glace, j'ai décidé de rentrer en traversant la baie à pied.
Mal m'en a pris, car la journée était encore plus avancée que je ne pensais, et bientôt je ne voyais plus très loin devant moi. Quelle ne fut ma surprise lorsque mon pied soudain a heurté un rocher. J'avais dévié de mon trajectoire et me trouvais sur la toute petite île de Ristikari, au milieu de la baie, là où en été on allumait le bûcher de la St-Jean. Bon, au moins savais-je, où je me trouvais.
J'ai pris mon cap sur ce que je pensais être le ponton du château, et je me suis mise à avancer dans l'après-midi qui se faisait de plus en plus noir. Soudain, la glace que j'apercevais devant moi n'était plus blanche, mais noire, elle aussi. Aïe aïe! Cela voulait dire qu'à chaque instant elle pouvait se rompre sous mes pas.
Je ne sais pas comment j'ai réussi à atteindre le ponton, j'avançais la peur au ventre, pas par pas, mais j'étais sans doute née sous une bonne étoile, comme le dit récemment un ami en parlant de lui-même, une quinzaine de jours avant de déposer le bilan.
Sur des jambes tremblotantes j'ai réussi à monter sur le ponton, et à escalader la colline du château avant de m'enfermer dans la chambre que je m'étais choisie. J'avais froid.
Je n'ai parlé de mon aventure à personne, car ce n'était pas la peine de transmettre la peur que j'avais éprouvée à d'autres, surtout que ce n'était pas mon corps à moi qu'on a repêché de la baie un peu plus tard, mais celui d'un élan qui avait eu la malencontreuse idée de vouloir traverser la baie au même endroit que moi, là où le courant était le plus fort.
Ce souvenir lointain m'en a rappelé un autre. Bien que ce jour d'hiver j'avais finalement réussi à marcher sur l'eau, ce que j'ai vraiment su faire, je le sens encore, mon souvenir en est toujours si vif, si présent, je m'y vois, j'en suis certaine, je sais que j'ai su marcher sans poser pied par terre. Je l'ai fait si souvent, prendre un premier pas, un second, puis marcher, courir, voler.
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hpy
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Libellés : Gullranda, Kultaranta, mémoires, Naantali, Nådendal
mercredi 5 mars 2008
G for Gift
When my father celebrated his 60th birthday more than forty years ago he received a painting representing the old cloister church of Vallis Gratiae.
I have recently became owner of this painting which is now hanging on the wall in the guest room.
It reminds me of the time I spent across the bay, listening to the music coming in from Vallis Gratiae in the quiet summer evenings.
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