jeudi 6 août 2015

Migrations

Tous les jours ou presque, sur nous tombent des informations sur des migrants en détresse, que ce soit en Méditerranée, à Calais ou ailleurs. Les morts par centaines, par milliers même, finissent par n'être qu'une nouvelle parmi d'autres, et nous ne voyons plus que des envahisseurs dans ces formes humaines que nous apercevons rapidement sur une image commentée par un journaliste.

Tous les jours ou presque, nous sommes nombreux à râler contre ces migrants qui nous envahissent, et dont nous ne voudrions rien savoir.

Mais si nous regardions un peu l'histoire des migrations, nous devrions pouvoir admettre que ce qui pousse les hommes, les femmes et les enfants à quitter leur quartier, leur pays, est moins le plaisir du voyage que le vœux de survivre.

Qu'est-ce qui a poussé les irlandais à quitter leur île pour les Etats-Unis au 19° siècle, sinon la famine causée par la peste de la pomme de terre. La faim donne des ailes à ceux qui ne veulent pas en mourir. De toute façon, on n'a pas le choix. C'est partir ou mourir, même si on dit que partir est mourir un peu.

Qu'est-ce qui a poussé des couples finlandais à envoyer leurs enfants en Suède, dans des familles d'accueil, à peine cent ans plus tard?  Ils ne le faisaient pas pour le plaisir de se trouver en tête-à-tête, mais pour mettre leurs enfants en sécurité pendant la guerre, tout en continuant à se faire du souci pour eux, seuls chez des inconnus, et sans certitude de les revoir un jour. Beaucoup y sont d'ailleurs restés.

Les exemples sont innombrables, les peuples ont toujours migré. Où que nous soyons, nous n'avons qu'à regarder les noms de ceux qui se trouvent autour de nous. Les preuves sont là. Partout. 

Ce n'est jamais pour le plaisir qu'on s'entasse dans des bateaux surchargés en mauvais état, sans certitude d'arriver sains et saufs, sans savoir comment on va pouvoir se débrouiller une fois sur place, dans un pays où on ne connait personne, où on ne sait pas très bien comment on va pouvoir gagner sa vie. C'est tout simplement parce qu'on veut une vie meilleure,  une vie sans craindre continuellement que quelqu'un vienne vous chercher pendant les heures sombres de la nuit, pour vous fourrer dans un train pour une destination inconnue, tout simplement parce que vous ne plaisez pas à ceux qui sont au pouvoir, ou qui se battent pour y arriver. Voir à votre voisin...

Dans ces cas-là on migre pour survivre, pour ne pas mourir de faim, ou de la main des hommes qui font la guerre. Nous ferions sans aucun doute comme eux, si nous étions à leur place. 

Mais nous n'y sommes pas, et nous n'avons pas beaucoup de mémoire. Voilà pourquoi nous ne voulons pas de malheureux chez nous. Comment d'ailleurs recevoir ceux qu'on appelle toute la misère du monde? Nos pays vont mal, ils ont déjà vécu au-dessus de leurs moyens - et continuent de le faire. Comment alors ajouter des coûts supplémentaires aussi pour ceux qui demandent de l'aide? Les excuses sont bonnes.

Empêcher des hommes et des femmes à fuir la misère ou une mort quasi certaine n'est pourtant pas possible, et fermer les frontières ne servira à rien. La faim et la peur de la mort donnent de l'espoir à ceux qui veulent une vie meilleure, une vie tout simplement. Rien ne les arrêtera.

Il n'y qu'une solution, une seule. Il faut tout faire pour qu'il n'y ait pas de famine, pour empêcher la guerre dans les pays d'où viennent les migrants dont nous ne voulons pas, car s'ils avaient de quoi se nourrir, sans avoir à craindre pour leur vie, il est certain qu'ils préféreraient rester chez eux, à quelques exceptions près, car il y aura toujours aussi ceux qui migrent comme moi, sans vraiment y être poussés par la nécessité. Mais nous, nous sommes les bienvenus, car nous n'avons pas besoin d'aide ou de compassion.

12 commentaires:

claude a dit…

Très belle analyse, Hélène.

Liisa a dit…

Koulussa opiskelimme historiassa suurista kasainvaelluksista. Historia toistaa itseään. Aikoinaan sitä ei ymmärtänyt. Nyt olen kuullut puhuttavan Välimerestä kuolemanmerenä.

Ina a dit…

Hyvä kirjoitus, Hélène! Mutta miten saataisiin sodat, sorto ja köyhyys loppumaan? Vallanhimoa ja mielivaltaa vastaan on vaikea löytää lääkkeitä. Diplomatia ei pure ja sota vain pahentaisi tilannetta. Isis, Syyria, Iran .... vaikeita kysymyksiä.

hpy a dit…

Ina, hyva kysymys. En tieda onko kenellakaan siihen vastausta, mutta sita pitaisi kuitenkin miettia, sen sijaan etta rakentaisimme muureja. Ja sitten kun (jos) loydamme vastauksen, meidan pitaa menna auttamaan ajattelematta omaa etuamme - sellainen vain pahentaa asioita. (Noin lyhyesti sanottuna.)

hpy a dit…

Liisa, Valimeri on lahella, ja siita kuulemme harva se paiva. Kuitenkin moni meista ei nae pakolaisissa muuta kuin likaisia olentoja jotka voisivat jaada sinne mista tulevat sen sijan etta tulisivat tanne tappelemaan. Meissa ei ole ihmisyydesta mitaan jaljella. Minakaan en halua pakolaisia kotiini. (Pitaisi ehka miettia asiaa, talossa on tilaa, ja pakolaisista loytyy varmaan miellyttavia ihmisia.)

hpy a dit…

Claude, juste une ébauche pour changer le monde.

Fifi a dit…

Un billet plein d'humanité et de justesse !

Roger Gauthier a dit…

Je suis d'accord avec toi. Le problème de l'Europe, c'est que l'Europe ne peut pas s'occuper de tous les réfugiés, elle n'en a pas les moyens.

Chaque pays doit faire sa part. Y compris des pays qui ne font jamais leur part, comme les pays arabes riches, comme la Russie, comme la Chine, comme le Japon, comme la majorité des pays asiatiques qui en ont les moyens, incluant la Corée du sud. La pression sur l'Europe serait alors moins effroyable et le problème plus facile à gérer.

Tilia a dit…

Bien d'accord avec toi !
Et avec Roger Dautais, qui ne cesse d'en parler et qui a bien raison de le faire.
On ne peut pas laisser ces gens mourir noyés en Méditerranée, ou électrocutés à Calais, en ignorant la question ou en la balayant sous le tapis.
Un des avantages de l'internet c'est de permettre à tout le monde de s'exprimer. Le poids de l'opinion public est pris en compte par nos politiques, vu que leurs mandats en dépendent, alors allons-y !

PS : j'ai ajouté un commentaire à ton billet planant

Grand-Langue a dit…

Je ne crois pas que "tous les pays doivent faire leur part". C'est utopique. Le jour où les réfugiés deront reçus adéquatement un peu partout, l'année suivante il y en aura le double.

On ne peut pas non plus s'ingérer dans les affaires des autres pays. Je crois plutôt que chaque pays doit régler ses problèmes de l'intérieur, ce qui ne se fera jamais.

Je n'ai pas de solutions, désolé.

Grand-Langue

beatrice De a dit…

Oui mais l'Europe a tellement fait de la pub pour faire comprendre que nous sommes les plus forts, que c'est chez nous que c'est mieux... Les pays lointains ne font pas ce genre d'intox. Oh oui ce serait mieux qu'il aille vers les pays arabes. Même langue, même culture. Alors pourquoi ils n'y vont pas.

La domination des mecs et les molhas est en train de poser des problèmes chez nous. Nous sommes envahis par les enturbannées. On commence même à voir des burkas où l'on ne voit que les yeux. C'est insupportable pour les femmes qui ont lutté pour leur liberté.

Femmes musulmanes faites votre révolution ". Stop à la domination des hommes.

Mick Mather a dit…

It's been some time since I've visited, Hèléne. The story of the migrants/refugees aside, this image particularly struck me. Very nice indeed.