vendredi 12 décembre 2008

La longue route

Quand on nous parle de patrons, on a tendance à penser aux parachutes dorées, mais ces patrons-là ne sont pas des patrons, seulement des directeurs. Des salariés comme vous et moi, en quelque sorte, quoique légèrement mieux payés.

Les petits patrons ont rarement des parachutes, et quand ils tombent, ils peuvent se faire mal, très mal.

Bien que la petite entreprise d'Alain Bashung ne connaisse pas la crise, je pense aujourd'hui à tous ceux qui cotisent à leur caisse de retraite en tant qu'indépendant.

Avec la morosité ambiante ils risquent de ne pas faire de très bons résultats comptables, et si la crise dure encore longtemps, ils auront cotisé pour rien, car - et je parie que vous ne le saviez pas - si le résultat comptable n'est pas bon assez, le petit patron paie quand même un minimum à sa caisse de retraite mais, et c'est là que le bât blesse, il n'obtiendra pas de trimestres lui donnant droit à la retraite.

Pour certains la route risque d'être longue, surtout qu'il ne faut pas que ces petits patrons mettent la clé sous la porte. Ils n'ont pas droit aux indemnités de chômage, non plus. (Et leurs salariés pourraient avoir du mal à trouver un autre travail, mais ceci est une autre histoire.)

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Les trimestres d'un chômeur sont validés, bien qu'ils ne compteront pas pour le calcul de sa retraite.

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Comme le dit si bien mon ami Bébert, nous devrions tous toucher la même retraite, car à la retraite nous faisons tous le même travail.

24 commentaires:

alice a dit…

Et en attendant la chute, la route peut se transformer en patinoire et glisser sévère...J'en connais un rayon sur les cotisations diverses des indépendants, j'ai pleuré plus d'une fois le 15 septembre, quand il fallait payer à la fois les impôts et la retraite et que mon activité peinait pour repartir après les vacances. Vacances que je passais chez moi d'ailleurs.

claude a dit…

Tu vas nous foutre le bourdon Hélène ! Il ne faut pas que je fasse lire ton post à mon Chéri, il va déprimer.

hpy a dit…

Alice et Claude, ce n'est pas pour vous foutre le bourdon, c'est pour crier injustice, car il y a quand même quelque chose qui ne va pas dans le système. Juste et égal, mon cul!

emiliane a dit…

O combien ce post est l'exacte et triste vérité ... les enfants que nous avons eu ne comptent pas dans le calcul de la retraite si nous avons notre nombre de trimestres... nous les salariés, qui avons choisi parfois par nécessité de travailler plutôt que de prendre un congé pour élever les enfants.
J'aime beaucoup ce que dit l'ami Bébert !!!

Olivier a dit…

Beau coup de gueule.

Je suis tout a fait d'accord avec ton copain Bébert.

Perso, j'avais monté une petite boite (avec un copain et mon frère) et j'ai eu la chance que l'on fusionne avec une autre société, sinon je suis pas sur qu'on aurait passé la crise.

delphinium a dit…

Bébert est un grand sage. Vous lui direz cela de ma part. J'ai un collègue anarchiste, 40 balais, un grondeur. Tout le fait gronder, les patrons, les grands comme les petits, le système, les transports publics qui ne sont pas gratuits, les distributeurs de billets qui ne sont pas à côté des voies du nouveau métro etc. J'ai envie de le baffer. Parce que l'anticapitalisme débile me gonfle. Et puis à son âge, il devrait peut-être commencer à réfléchir. J'ai mon père qui a une petite entreprise. Il continue à trimer, comme un fou alors qu'il devrait prendre sa retraite. Il le fait pour ses employés, pour ne pas mettre la clé sous le paillasson, il continue à chercher des contrats, il va faire des installations dans des gros chalets de gens bourrés de fric, des Anglais, des Russes etc. Et voilà, il est patron, mais un petit patron, avec une éthique de vie et des soucis. Et il n'a pas de parachute doré. Et je me fais du souci pour lui. Et je me dis que le système est pourri mais je ne dégueule pas sur lui comme mon collègue anarcho-dépressif. Je continue à me battre, à soutenir les gens qui croient en un idéal, capitaliste ou non. Et qui avancent. Et la route est sacrément verglacée ces temps-ci. Et je me dis qu'on pourrait freiner la cadence à Noël. La crise? j'ai parfois de la peine à y croire quand je vois le déballage dans les grands magasins. Et pourtant elle est là. Pour moi aussi, une augmentation de loyer que je prends dans les dents et pas d'augmentation de salaire, par contre des contrats à durée déterminée tout le temps et une instabilité de vie incroyable. J'ai décidé de faire des petits cadeaux à Noël à toute la clique de neveux et nièces. Et tant pis si les parents ne sont pas contents. Il faudrait peut-être que les gens arrêtent cette foutue consommation excessive et se recentrent sur les vraies valeurs. JJ'ai regardé l'autre soir un bout d'émissions sur les SDF en France, j'ai regardé 10 mn et puis j'ai arrêté parce que j'avais les larmes aux yeux. Alors je mets mes crampons sur la route verglacée et je continue à y croire. Et puis on verra bien. Salutations à Bebert et une grosse bise pour vous.
Ah oui, un mot sur la photo. Très très belle, sombre, grise, noire. Mais une clarté là au fond. Alors on y croit, n'est-ce pas?

Liisa a dit…

Tämä on se kuva josta mainitsit. Kaunis synkkyydessään. Yhteiskunnissa on paljon epätasa-arvoa. Eikä elämä ole sekään reilua.

Peter a dit…

Oui, la route est longue et souvent elle n’est pas toute droite ! Avec le temps, il va sans doute falloir apprendre, de plus en plus, à prendre des virages ! Bon…, tout ça, c’est bien déprimant ! En attendant, il ne faut oublier de délirer un peu (au secours Délirium !!), boire un coup (deux?) et, déjà, profiter du week-end !

delirium a dit…

j'arrive, j'accours. Peter m'appelle.

hpy a dit…

Liisa, niin on (kuva). Mutta onko epareiluus reilumpaa siksi etta sita on paljon?

Emiliane, Olivier et Delphinium, contrairement à ce qu'on pourrait penser, mon ami Bébert n'est pas smicard.

Peter, si tu bpois trop tu vas finir par délirer complètement

Delirium, heureusement vous êtes là pour tous nous sauver!

Mick a dit…

As always, with great trouble and strife, there are side roads of opportunity, most of them unmarked.

Ina a dit…

Kaunis kuva, sateen jälkeen. Ilman kosteuden voi ihan tuntea.

Tuohan on kamala tilanne, että joltain kaudelta ei kerry oikeutta eläkkeeseen, vaikka olisi maksanut eläkemaksut. En tunne yrittäjäeläkkeen sääntöjä, onkohan ne Suomessa samat kuin Ranskassa.

Mitä sanot kauniisti johtajien palkoista: légèrement mieux, on suhteellista. Eivät kaikki johtajat tietenkään saa huippupalkkoja, mutta esim. 400-kertainen ansio keskipalkkaan verrattuna on pikemminkin "lourdement mieux".

hpy a dit…

Mick, yes, you'll have to find the side roadsd.

Ina, kiitoa etta kavit. En tieda miten nama asiat hoidetaan Suomessa, olen asunut Suomen ulkopuolella niin kauan, mutta mikaan ei enaa ihmetyta minua. Mutta naistakin asioista on puhuttava, vaikkei se ehka auttaisikaan.

claude a dit…

Tu as raison de dire qu'il y a de l'injustice dans ce pays. Les artisans bossent fort, même très fort pour ne pas pouvoir, des fois, se prendre de salaire à la fin du mois, pour pouvoir honorer tout ce qui doit être payé, sous peine de payer encore plus.
Au moins, même si on en bave, on bosse, mais jusqu'à quand dirons nous. Les bienheureux qui touchent nos cotisations en ne faisant rien ont du soucis à se faire aussi, car de plus en plus on pourra de moins en moins payer, surtout si on disparaît.
Le problème est que nous n'avons plus de boulot, cékkivanoudonner des sous, à nous? Hein !
Je pense que la route va être longue en 2009, pourvu qu'on tienne jusqu'au bout de cette crise à la c.. !

Bergson a dit…

Ton ami Bébert est un sage.

c'est vrai que certains ont un peu trop du genre qu'il n'arriveront pas à manger en 5 générations

Isopeikko a dit…

Peikon kommentti merkitsee läsnäoloa, likitulemista. Jos niin haluat.

Kutuharju a dit…

I don't know what to say -- so I better comment in English ;) Honestly, I don't think we'll get any pension any longer, when I'll retire, if I'll ever. I'm losing my faith in practically everything in this so called hyvinvointiyhteiskunta. One day one rule applies, the next day another. Heaps and heaps of people are made redundant every day, in this country, and -- where not?

Lucie a dit…

Vaste débat et pas si aisé de prendre tout en compte.
Je ne sais comment analyser la phrase habile de Bébert, elle me fait penser à la définition du communisme donnée par Pierre Jakez Hélias ("Le Cheval d'orgueil")

"A chacun selon ses besoins"

Il y en a qui ont plus de besoin que d'autres... Et puis on regarde toujours dans le pré du voisin, l'herbe y est plus verte.

nazzareno a dit…

trop difficile exprimer ma pensée, je partage a tout ce qui a écrit Peter et je m'associe.
Ciao!

hpy a dit…

Claude, je te souhaite du courage pour 2009, et à ton Chéri aussi.

Bergson, plein de bon sens.

Isopeikko, tietysti haluan.

Kutuharju, you may be right, an that's a scary thought. Pitaisikohan meidan menna takaisin oravannahka-aikaan?

Lucie, je ne vois pas particulièrement de la politique dans la phrase de Bébert, plutôt du bon sens, mais il faudrait du temps pour mettre cette proposition en pratique, car on ne pourrait pas y arriver du jour au lendemain. Elle implique aussi que chacun mette des sous de côté pendant qu'il travaille, pour mieux vivre à la retraite. Chacun selon ses possibilités. Et ceux qui ne peuvent pas le faire, auraient malgré tout droit à la retraite de base. Pas con, finalement, non? (A condition qu'il y ait de l'argent dans les caisses pour la retraite de base, bien sûr.)

Nazzareno, merci quand même de ton commentaire. La prochaine fois tu commentes en italien, si tu veux.

lyliane a dit…

Que de surprises quand j'ai demandé ma retraite!!!Plein de trimestre validés mais non valables pour l'argent, comme les congés maternités, l'année pédagogique, les années "épouse d'artisan" etc....
Qui a dit que les retraites augmentaient de 1 ou 2%? les cotisations sont passées de 3,8% à 6,1%!!!Il y en aurait à dire sur l'égalité et la fraternité qui sont pourtant 2 devises de notre pays,je n'ai jamais fais de politique, mais de l'évidence.

hpy a dit…

Lyliane, je ne pense pas à la retraite, sauf quand je tombe sur des trucs aussi idiots que celui dont je viens de parler. Payer pour ne pas toucher, c'est une incitation au travail au noir.

Therese a dit…

C’est bien emberlificoté tout cela quand on cherche à rentrer dans les détails, on bosse on bosse et puis un jour on y regarde de plus près et que reste t’il ? Pas de nos amours mais de notre travail ???
Un tel décalage entre la réalité et la Réalité. Aussi ce manque d’humanité rencontré derrière ces numéros d’appel et souvent Ce dernier papier à fournir, prétexte à une réponse généralement différée.
Mais on y voit sur ta photo, il faut y croire, rassembler les bouts de puzzle…et surtout participer à un p’tit mieux quelque part pour avoir un p’tit bout de conscience tranquille. C’est où qu’on pose les questions, c’est quand qu’on vote ?

tr3nta a dit…

very nice controluce photo...