vendredi 4 février 2011

Envoyé spécial et les routiers de l'est

Jeudi soir, après ma réunion, au lieu d'aller faire un tour en voiture j'ai regardé Envoyé Spécial et le reportage sur le danger que représentent les routiers de l'est.

Comme d'habitude, j'ai des choses à dire.

L'autoroute de la mer entre la Turquie et la France n'existe plus. Elle n'a d'ailleurs pas duré longtemps. Mais il était évident que c'était une trop belle occasion, surtout quand on veut démontrer les dysfonctionnements d'une corporation. Des chauffeurs turcs venus en charter prendre le volant de tracteurs routiers, également turcs, se trouvant déjà sur le sol français, attelés à des semi remorques arrivant par la mer. La loi était bel est bien contournée, mais on a aussi su tout arrêter assez rapidement. Une nouvelle ligne a été ouverte récemment. Travaille-t-elle en toute légalité ou pas, cela je n'en sais rien.

Une autoroute de la mer existe depuis quelque temps entre l'Espagne et la France. Pourquoi ne pas en parler? Certains utilisateurs l'ont dite intéressante, ce qui fait qu'elle n'est pas intéressante au point de vue journalistique, surtout quand on veut montrer ce qui ne va pas.

D'avoir ensuite choisi un chauffeur de chez Bébert comme guide et dire qu'il travaille pour la plus grosse entreprise de transport de France. Une inexactitude, au moins à ma connaissance. Le premier transporteur routier de France est la SNCF.

Et pourquoi choisir le plus grand? Le parc moyen du transporteur français est de SIX camions. Bébert n'est tout simplement pas représentatif de la profession. La SNCF non plus.

Que Bébert et d'autres grands transporteurs français emploient des chauffeurs étrangers à des conditions qui paraissent abusives et déloyales, on peut et on doit le condamner. Mais si ces chauffeurs polonais conduisent des véhicules immatriculés à l'étranger et font du transport international ou du cabotage, ils ne sont pas soumis à la loi française sur le travail. C'est ainsi que certaines entreprises françaises, dont la filiale de la SNCF, d'après ce que j'ai pu voir, ouvrent en toute légalité des filiales à l'étranger et contournent la loi. Pendant ce temps, celles qui restent sur le sol français, se battent pour faire un résultat positif.

Des belges tricheurs. Oui, j'en ai entendu parler plus d'une fois. Même par des contrôleurs terrestres. Mais les belges sont-ils des conducteurs venus de l'est?

Le chauffeur qui dit avec un grand sourire au contrôleur qu'il roule en temps de repos pour rentrer chez lui en fin de semaine? Et le contrôleur qui le prend au sérieux, et qui ne trouve aucune preuve de l'infraction? Je crois que le routier est encore en train de bien rigoler dans sa barbe. Une très bonne blague.

Et à la fin, des accidents avec des voitures venues s'encastrer sous des camions arrêtés sur la BAU. C'est vrai, il s'agit de la bande d'arrêt d'urgence, qui n'est pas un parking, mais quand on est obligé de s'arrêter et qu'on ne trouve pas de place sur les rares parkings qui existent, que fait-on?

Et puis, les automobilistes non plus ne sont pas sensés rouler sur la BAU...

***

Tant qu'il n'y aura pas d'harmonisation des lois, tant que nous ne respecterons pas les mêmes réglementations sociales, il y aura des entreprises qui en tireront profit en toute légalité. La meilleure chose à faire serait sans doute de mettre tout le monde sur le même pied d'égalité à ces niveaux-là d'abord.

Et il faut sans doute ajouter qu'il y a des entreprises françaises qui ne délocalisent pas, qui ne demandent pas à leurs conducteurs de tricher. Parler d'elles n'est pas intéressant, mais elles vont pourtant subir les conséquences de ce reportage, qui n'a fait que cracher sur toute une corporation.

11 commentaires:

Delphinium a dit…

De toutes façons on nous mène en bateau et on monte allègrement dans le train en suivant comme des imbéciles des informations fausses. La tête nous tourne, on vomit comme si on était sur la mer et pour se sentir mieux, on prend l'autoroute car c'est droit et il n'y a pas trop de virages.

Vaste débat tout cela, auquel je ne peux pas vraiment participer, n'étant pas au courant de tout. Mais en tous les cas, ce que je peux dire, c'est que les petits entrepreneurs font les choses bien, au plus près de leur conscience, tandis que les grandes boîtes contournent les lois. Mais comme elles rapportent plus d'argent, on ferme les yeux sur les malversations.
pfffff.

Marguerite-marie a dit…

tu as raison sur tout, ma fille qui regarde toujours "envoyé spécial" m'a dit comment encore il faut relativiser ces magazines faits pour imressionner...continue à rétablir la vérité.

claude a dit…

Je suis d'accord avec Delophe dans ce qu'elle dit dans son second §.
J'ai même entendu dire que Bébert ne payait pas toujours ses charges sociales à l'Urssaf. JKe ne sais pas si c'est vrai, mais si ça l'est, ce serait incroyable, mais vrai !

Roger Gauthier a dit…

Tu as tout à fait raison. Nous avons des problèmes similaires ici. Mais comment penser à une harmonisation quand le traité commercial entre les deux états est constamment remis en question ?

Roger Gauthier a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
hpy a dit…

Je pourrais ajouter que, si j'étais la direction du chauffeur qui a conduit la ou les journalistes à l'intérieur de son entreprise, je le licencierai pour faute, car on ne doit pas le faire sans l'aval de sa direction. J'espère que le chauffeur a déjà pris sa retraite, ou qu'il a déjà démissionné et travaille ailleurs, sinon je ne donne pas cher pour sa peau. Est-ce que l'équipe d'Envoyé spécial y a pensé?

isopeikko a dit…

Sanoisi jos osaisi :)

DD a dit…

Que la télévision arrête de salir une profession et des gens qui travaillent encore!

Simo a dit…

Bon weekend Hpy

beatrice De a dit…

Il y en a toujours qui tireront la couverture à eux.
Soyons intègre, pour être en ordre avec sa conscience... oui mais, ça ne rapporte pas le bifteck. Le cu entre deux chaises, que faire.

beatrice De a dit…

Il y en a toujours qui tireront la couverture à eux.
Soyons intègre, pour être en ordre avec sa conscience... oui mais, ça ne rapporte pas le bifteck. Le cu entre deux chaises, que faire.