mercredi 28 janvier 2015

Moumoune

Printemps 1996 - 28/1/2015

lundi 12 janvier 2015

Ma liberté d'expression

En 1956, la Finlande se choisit un nouveau président,  beaucoup plus jeune que celui qu'il remplaçait.

Du haut de mes quatre ans, je le trouvais grand et beau quand je le vis pour la première fois, et aussitôt les présentations faites je fis son portrait, tellement ressemblant que mes parents le gardèrent précieusement. Je le retrouvai longtemps après, caché dans un livre.

Je n'étais pas seule à tirer le portait du nouveau président de la république. Une personne beaucoup plus connue que moi, Kari Suomalainen, le fit également, mais son dessin à lui fut publié dans le quotidien Helsingin Sanomat, dont il était l'illustrateur politique depuis 1950. Ce fut un scandale pour certains.

C'était en effet la première fois qu'on publiait un dessin humoristique du président de la république.  Le dessin n'était pas méchant; il représentait Kari lui-même, devant un dessin du président, pleurant parce qu'il n'avait pas le droit de le dessiner.

Cette publication fut le début d'une longue série de dessins du président, bien que Kari n'épargna aucun autre homme politique, ni aucun événement important, s'attirant parfois les foudres venues de plus haut, lorsque ses dessins dépassaient les limites du moment.

Les caricatures politiques entrèrent de plus en plus féroces dans les mœurs, et Kari qui signait ses dessins de son prénom seul, devint très populaire jusqu'au jour, des années plus tard, où il y eut divergence d'opinion sur des dessins que certains trouvaient racistes, leur sujet étant des immigrés somaliens. 

***

Les choses restaient longtemps rigides. Il fallait monter du respect. Je me rappelle avoir discuté un jour avec Madame l'épouse du président, et de trouver un peu pompeux sa façon de parler de son mari. Elle me dit en effet, "mon mari, Monsieur le Président", comme si je n'avais pas su qui elle était... 

Je ne me rappelle plus quel âge j'avais, je devais être dans une de mes périodes difficiles, un jour d'été, en bavardant avec un des gardes de corps du sujet préféré de Kari, je changeais délibérément deux voyelles de son nom, l'appelant ainsi "le petit merdeux". A mon avis cela devait être juste un peu rigolo, mais non, le garde de corps ne l'apprécia pas du tout et me le fit aussitôt savoir. Heureusement il ne dit pas un mot de ce lèse-majesté à mes parents...

Aujourd'hui, on appelle le président de la république comme on veut, cela n'émeut plus personne - ou presque, car quelque part cela me chagrine, car au moins la fonction devrait être respectée (y compris par l'intéressé).

***

Quand, beaucoup plus tard, des journaux publièrent leurs dessins du prophète, je savais , car j'avais déjà un peu plus de quatre ou quatorze ans, que ces dessins pouvaient blesser des musulmans, tout comme d'autres "œuvres d'art" ont pu blesser des catholiques, je pense notamment à Piss Christ. 

Pendant ce laps de temps, une soixantaine d'années, on nous a appris qu'il était mal pour les finlandais de manger des "baisers de nègre" de chez Brunberg, et les français n'ont plus le droit d'acheter des "têtes de nègre" à leur boulangerie/pâtisserie. La publicité pour Banania est devenue de mauvais goût, tout comme celle pour la réglisse Hellas (ou Fazer, je ne me rappelle plus), tout simplement parce qu'y figurait le dessin représentant un homme des "colonies".

Les blagues sur les juifs sont proscrits, et avant de raconter ou de rire d'une histoire drôle, il vaut mieux se demander si elle ne heurte pas la sensibilité de tel ou tel groupe.

Il n'y a pas longtemps un député a été sanctionné pour avoir dit "Madame le Président" au lieu de "Madame la Présidente".

Les exemples sont nombreux et contradictoires.

***

J'avoue donc me perdre un peu dans les dédales de la liberté d'expression. Où sont les bornes des limites? Pourquoi aurait-on le droit de blasphémer (le blasphème est interdit dans certains pays, dont la Finlande) mais pas le droit de dessiner un noir sur un paquet de réglisse? Pourquoi peut-on rire d'une histoire blonde, mais pas d'une blague sur les juifs, sous peine de risquer de se trouver devant les tribunaux? Pourquoi cette différence en fonction du cible dont on se moque/parle en riant gentiment?

Il n'y a qu'une chose que je sais: on n'a pas le droit de tuer celui qui a (peut-être) abusé de son droit de s'exprimer librement. J'espère donc que personne ne me tuera pour ces quelques lignes - je n'aurai  pas non plus recours à ma kalachnikov si vous n'êtes pas de mon avis, préférant depuis longtemps le stylo moderne, le clavier de mon PC, et essayant, en même temps, de peser mes mots pour rester dans mes propres limites.

vendredi 26 décembre 2014

Prendre racine

C'est en regardant sur Arte la rediffusion d'un reportage sur la Suède, que j'ai pensé aux difficultés d'intégration.

Dans l'émission, une jeune suédoise d'une vingtaine d'années, d'origine iranienne, arrivée en Suède avec ses parents  à l'âge de six ans racontait qu'elle s'était sentie suédoise jusqu'à tout récemment. 

S'agissant d'une rediffusion d'une émission que j'avais déjà vue, il y a peut-être un an ou deux, le mot récent me fait penser que ce sentiment n'a rien à voir avec ce dont on peut avoir des échos depuis quelques temps, à savoir une montée en puissance de la xénophobie dans beaucoup de pays, notamment en Suède, et dont l'incendie d'une mosquée à Eskilstuna, au sud de Stockholm, la nuit dernière est un exemple, mais  de quelque chose qui venait du plus profond d'elle-même, et que j'appellerais une recherche de ses racines.

Etant une migrante moi-même, j'ai en moi deux cultures, celle de mon enfance, et celle que je vis depuis maintenant bientôt quarante ans. Ce sont deux cultures européennes, avec des traditions chrétiennes, relativement bien entre-assimilables, en tout cas en y mettant un peu de bonne volonté.

Je ne pense pas tous les jours à mes racines, mais bien évidemment il y a des moments ou elles resurgissent. Plus on vieillit, plus on se souvient...

On a toujours migré et on migre beaucoup aussi aujourd'hui. Certains le font par obligation, d'autres par goût de l'aventure. Les adultes décident, les enfants, comme notre irano-suédoise, suivent, et portent eux aussi les conséquences de leur déracinement.

Si j'avais eu un enfant, il aurait un jour pu se demander d'où il venait, car il aurait forcément eu des contacts avec les deux branches de sa petite famille.

J'ai alors pensé à une petite fille de sept ans, fruit d'une "union  Erasmus", ce phénomène qui a vu se former de nombreux couples binationales. Son père finlandais, a rencontré la future maman française en Allemagne, lors d'un échange Erasmus.  Ensemble ils parlaient anglais à l'époque, ils le font encore aujourd'hui, ayant depuis l'époque allemande vécu principalement en Finlande et en Nouvelle Zélande,  pays où leur fille  est née, et où celle-ci a appris l'anglais, le français et le suédois, changeant facilement d'une langue à une autre, en fonction de la personne avec laquelle elle parle. Avec moi par exemple, elle parle français, quand elle vient me voir des Pays Bas, pays où elle parle maintenant aussi le néerlandais. 

Plus tard, arrivera-t-il un jour où cette petite fille se demandera d'où elle vient? Voudra-t-elle un jour  retourner à Christchurch, ville détruite par un épouvantable tremblement de terre, et jamais reconstruite? Se sentira-t-elle hollandaise, française ou finlandaise, elle qui est aussi néo-zélandaise?

A la recherche de ses racines, ce jour-là, elle devra voyager.

Sa cousine de six ans fera des voyages plus courts, car ses parents sont finno-estoniens. Elle n'aura qu'à prendre le ferry entre Helsinki et Tallinn pour passer d'une racine à l'autre.

J'espère, que ce jour venu, ces deux petites filles auront le sentiment d'être riches par leurs racines. Je le pense aussi, car je compte sur leurs parents pour leur montrer, par leur façon de vivre, que les racines peuvent se mélanger pour créer une vie solidement ancrée dans de belles et nombreuses traditions.

Sans doute le déracinement  est-il plus facile pour quelqu'un qui migre parce qu'il en a envie, et non parce qu'il est persécuté, pour un problème d'argent ou de famine,  et qui laisse derrière ce changement de pays un goût d'amertume.

Sans doute l'expérience des parents a-t-il une influence sur la vie de leurs enfants, mais il faudrait accepter de voir la bifurcation, la multiplication des racines comme une richesse et non comme un appauvrissement. Cela pourrait résoudre pas mal de problèmes.


lundi 15 décembre 2014

En vue des fêtes

Les fêtes de Noël approchent, ainsi que le réveillon de la St Sylvestre.  Certains s'y préparent déjà, mais j'ai l'impression de voir moins de maisons et de balcons décorés avec des guirlandes lumineuses que par les années passées.

C'est peut-être parce que je ne sors pas beaucoup, et alors seulement en coup de vent pour acheter un bout de pain.

De plus en plus ermite, je ne le suis pas totalement, malgré tout.

Samedi dernier, lors d'un déplacement j'ai été amenée à discuter avec des professionnels des métiers de bouche. 

Bien entendu, nous avons parlé des fêtes ainsi que de leurs carnets de commandes qui restent très peu remplis.

Le champagne ne se vend pas, "alors pas du tout" selon un grossiste, et les petits paniers de gourmandises ne trouvent pas acheteur si leur prix dépasse les 15 à 20 euros.

Il n'y a pas longtemps ma charcutière préférée me tenait un discours similaire. Les clients ne passent pas de commandes pour les fêtes, ce qui change totalement des années précédentes.

Je sais, il y en aura peut-être parmi vous pour dire "oh, les commerçants, ils ne sont jamais contents, pourtant il se font les c.....s en or".  C'est pourquoi je préfère ajouter que ce ne sont pas ceux en haut de l'échelle qui m'ont tenu ces propos, mais plutôt ceux qui exécutent, ceux qui ne tiennent pas les rênes de la bourse.

Peut-être sommes-nous devenus des consommateurs  frileux à force de nous habituer au réchauffement climatique?

Nous, nous avons prévu de passer les fêtes avec Moumoune et Foufou. Et vous?




mardi 25 novembre 2014

Nefertiti

30/10/1998 - 25/11/2014

vendredi 14 novembre 2014

En attendant la fin de la semaine de travail



Enfin une bonne nouvelle: la croissance a légèrement augmenté au troisième trimestre! 

Mais quel sera le chiffre en fin d'année?

Je ressens, depuis le mois d'octobre, et plus encore depuis novembre, une chute spectaculaire dans l'économie locale, et malheureusement, je ne suis pas seule à le dire.

Mes contacts, clients, fournisseurs, confrères et concurrents disent plus ou moins  la même chose. Cela ne va plus du tout.

En prenant seulement l'industrie papetière en Seine-Maritime, les nouvelles ne sont pas excellentes.

Hier j'ai appris qu'UPM fermera une machine de papier journal sur deux dans son usine de Grand Couronne, ce qui entraînera la suppression de près de deux cents postes. (UPM ferme aussi en Grande Bretagne et en Finlande, mais cela n'aura sans doute pas trop d'influence sur la croissance française, quoique, indirectement peut-être...)

C'est vrai, on lit aujourd'hui son journal sur internet, moi la première d'ailleurs. Nous n'avons donc pas besoin d'autant de papier journal que par le passé. (On le disait déjà à l'époque lointaine où j'étais active dans l'industrie papetière, mais la tendance n'a fait que se renforcer pendant les dernières décennies.) 

En début du mois, c'était Smurfit  Kappa, producteur de cartons d'emballage, qui annonçait la fermeture de l'usine de Ponts et Marais, mais aujourd'hui l'usine serait à vendre. Trouvera-t-elle un acheteur, voilà la question. 

Pourtant tout ce qui se vend et se transporte aujourd'hui est emballé, et le carton - matière recyclée et recyclable - est en bonne place pour faire des emballages, ne serait-ce qu'au point de vue écologique.

En élargissant la questions à d'autres activités, on peut citer une usine fécampoise, Global Plastics, vieille de 25 ans, qui a été placée en liquidation judiciaire fin octobre, avec comme résultat la suppression d'une bonne quarantaine  de postes. On n'y fabriquera plus de film alimentaire.

Aujourd'hui même, un commercial (je ne citerai pas le nom de l'entreprise, je n'en donnerai pas l'activité non plus, car on y travaille encore), se plaignait que plus rien ne se vend, que le téléphone ne sonne pas, et que personne n'accepte des rendez-vous.

Alors moi, sans être pessimiste de nature, je ne pense pas que la croissance du quatrième trimestre sera vraiment formidable... j'espère me tromper, et j'ai l'intention de passer un bon weekend, sans penser économie, décroissance, récession.

Quand DD sera rentré, ce qui ne devrait pas tarder, j'essaierai de trouver une bouteille de bon vin derrière les fagots, à déguster avec les restes d'un rôti de porc, suivi d'un excellent fromage de Neufchâtel, car il ne faut pas se laisser abattre par les mauvaises nouvelles, mais au contraire, tout faire pour les combattre.

mardi 28 octobre 2014

Maxime


7 ans aujourd'hui. Joyeux anniversaire à Maxime, ici avec son nouveau vélo en emballage cadeau.

mardi 30 septembre 2014

C'est l'automne

Moumoune, déjà dans sa dix-neuvième année, aime encore sortir dès qu'il fait beau. Elle a ses places préférées, à coté d'une branche d'arbre par terre, protégée par celle-ci, sur une carpette que j'avais sortie pour la nettoyer et qui y est restée pour elle, et aussi directement sur les cailloux à coté des quelques fleurs qui restent.

Des fois elle se réveille, miaule un peu et nous allons la voir, la prenant dans les bras pour qu'elle sente que nous l'aimons beaucoup.

Moumoune vit à l'heure de l'automne.


mardi 5 août 2014

Juillet est passé

Le temps passe tellement vite. Déjà plus d'un mois s'est éc(r)oulé dépuis la dernière fois que j'ai ouvert ce blog.


Une grue très lourde a eu le temps de monter le chemin, enfonçant par la même occasion un bout de terrain chez nous. Son conducteur avait du mérite (à notre avis, il avait été envoyé au casse-pipe, car il n'y avait pas beaucoup de place pour manœuvrer, surtout en bas du chemin).




Elle est monté pour démonter le pylône de la ligne à haute tension qui passe non loin de la maison. Et son conducteur est reparti en marche arrière. Chapeau!






















Un orage de grêle s'est abattu sur la région, inondant des villes voisines, et abîmant notre chemin plus encore que la grue. Le chemin n'était qu'un ruisseau, que dis-je, une rivière, un fleuve. Le gravier s'est - comme d'habitude - trouvé en bas, sur la route.





Les ex-néo-zélandais sont venus pour une bonne semaine et nous avons tous fait la cuisine ensemble.




Surtout Maxime, d'ailleurs, qui préparait sa spécialité, le risotto au poulet cuit cuit cuit.








C'était fabuleux, je n'avais rien à faire pendant toute la semaine (sauf mon travail quotidien, bien entendu.) Pas de problème pour savoir quoi manger!




Les occupants d'un camping-car hollandais sont venus dîner. Autour de la table on parlait (dans l'ordre alphabétique):


anglais
cauchois
français
néerlandais
suédois


et tout le monde réussit à se comprendre.



Quelques promenades en voiture pour visiter le coin, une mini-croisière sur la Seine. 



Et surtout une amitié entre Maxime et les trois chats, notamment Foufou qui dès le premier soir montait se coucher à coté de son amie. 

Les parents de Maxime en ont d'ailleurs fait une série de photos: Foufou qui dort à gauche de Maxime, Foufou qui dort à droite de Maxime, Foufou qui dort aux pieds de Maxime, Foufou qui dort exactement dans la même position que Maxime...









En août voilà le calme revenu, se dit Nefertiti, en respirant l'odeur des flox tout en regrettant le départ de la bonne cuisinière qu'est Emilie.


jeudi 3 juillet 2014

Le menuisier

Depuis quelques semaines DD a une nouvelle marotte; il fait des meubles.

Je lui tire mon chapeau, car sans avoir les moyens et les connaissances du Chéri de Claude, il a déjà fabriqué, avec

- du bois de récupération
- un marteau
- un tournevis cruciforme (et des vis, bien sûr)
- une équerre
- une égoïne 
- une perceuse
- du papier à poncer (à la main)
- un crayon à papier
- de la colle à bois

un lit pour deux personnes.

Si j'ajoute une scie sauteuse, je peux aussi ajouter deux tabourets bas avec des trous de décoration sur les cotés. Des cœurs, entre autres.

(Message à l'attention de Brigitte qui lui disait il y a longtemps déjà: "Toi, de toute façon, à part conduire ton camion, tu ne sais rien faire."  et à qui j'ai envie de répondre que DD sait faire beaucoup plus de choses qu'elle ne peut s'imaginer. Je m'abstiens d'en dresser une liste, elle pourrait s'en vexer.)

lundi 23 juin 2014

Eva

En visionnant une vidéo de la dernière campagne contre l'abandon des animaux de la SPA, celle où on voit un chien s'inquiéter de l'absence pour lui inexpliquée de son maître, j'ai pensé à Eva.

Je n'ai d'ailleurs pas besoin de voir des vidéos de chiens pour penser à Eva, car nous avons, en quelque sorte, sympathisé, bien que moi, je sois plutôt chat que chien, et Eva, de son coté, exclusivement chien.

Eva et moi avons fait connaissance il y a quelques mois déjà, mais je ne l'ai jamais vue depuis.

DD et moi nous rendions quelque part en empruntant le réseau plus que secondaire, quand nous avons vu un chien sur le bord de la route, à coté d'un vieux portail en bois. Nous ne l'y avions jamais vu avant, et pourtant nous passons souvent par là. 

De l'autre coté du portail il n'y a que le bois, et un chemin forestier qui doit mener quelque part, on peut s'imaginer à une maison isolée dans la forêt.

Le chien était un labrador couleur or. Il n'y avait que lui, et il regardait notre voiture passer.

Sur notre chemin de retour, un peu plus tard, le labrador était toujours là, mais il avait changé de place et se trouvait déjà sur la chaussée, regardant dans les deux sens, comme s'il attendait désespérément quelqu'un qui ne venait pas.

Nous avons ralenti pour éviter tout accident. Nous avions l'impression qu'il voulait nous arrêter. Son comportement ne nous paraissait pas normal.

Un peu plus tard nous passions de nouveau par là. Le chien errait sur la route, il s'était éloigné du portail et avait traversé la route.

Mais que faisait il donc? Nous avons continué notre chemin sur environ un kilomètre ou deux avant de faire demi-tour.

Le chien cherchait peut-être de l'aide? Et s'il était arrivé quelque chose à son maître, et que celui-ci gisait seul dans sa maison isolée dans la forêt? (On a de l'imagination, ou on n'en a pas!)

Quand nous nous sommes arrêtés au niveau du chien, celui-ci c'est mis à aboyer.

C'est avec un peu d'appréhension que je suis descendue de la voiture pour m'approcher du labrador. Je l'ai déjà dit, je suis plutôt chat que chien. DD paraissait inquiet pendant que je mettais des gants pour pouvoir toucher le chien (je suis allergique à ces animaux, il me font tousser et peuvent déclencher une crise d'asthme).

Tout en continuant d'aboyer, le chien s'est laissé approcher. J'ai pu regarder la petite plaque accrochée à son collier. Un nom, Eva, y était marqué, ainsi qu'un numéro de portable.

Ce n'était donc pas un chien abandonné.

J'ai fait le numéro et je suis tombée sur une personne en train de faire ses courses en ville.  Apparemment Eva s'était échappée, et avait quitté  la maison dans le bois. Son maître devait lui manquer.

Le propriétaire m'a demandé si je pouvais lui amener le chien, et nous nous sommes mis d'accord pour qu'il vienne le chercher chez moi. 

J'ai attachée Eva à une longe (il y en a toujours une dans la voiture de DD), et elle a gentiment grimpé dans la voiture par la cinquième porte (heureusement ce n'était pas la voiture avec les sièges en cuir car la route était boueuse).

Eva paraissait contente, très contente. Pourtant nous ne nous connaissions pas.

Nous étions à peine rentrés à la maison qu'une grosse voiture arrivait déjà pour nous retirer Eva.

Depuis ce jour, chaque fois que nous passons à coté du vieux portail en bois nous disons "bonjour Eva". J'aimerais bien la revoir un jour, et pourtant je suis plutôt chat que chien.

jeudi 12 juin 2014

Du vieux avec du neuf

Nombreux sont ceux qui, par goût ou par obligation, font du neuf avec du vieux, mais plus rares sont ceux qui font le contraire, à savoir du vieux avec du neuf.

C'est pourtant ce que j'ai vu en faisant un petit tour la semaine dernière, celle où je n'étais pas sensée travailler, mais où on a pu me voir à mon bureau plus d'une fois.

C'était malgré tout plus calme que d'habitude, et j'ai pu me reposer un peu. Pas assez toutefois, surtout que j'ai profité de cette semaine pour mettre de l'ordre dans la maison. (Je n'ai pas fini, malheureusement...)

Pour revenir à nos moutons, j'ai d'abord cru à un mirage, dû à la fatigue, en voyant cette chaumière normande installée dans un pavillon moderne. 

Il y avait même un cheval, des vaches normandes (celles qui portent des lunettes de soleil), une chèvre, une poule et un coq. J'espère que le dernier n'est pas trop bruyant et qu'il ne dérange pas les voisins.

Mais on ne peut pas photographier les mirages... je suppose donc que ce que j'ai vu n'est pas le fruit de mon imagination (pourtant débridée, selon certains), mais le rêve de celui qui habite cette maison.

lundi 2 juin 2014

Ras la casquette

La Médecine du Travail fait tout pour avoir ma peau.

Non contente de m'énerver lors de ma visite, en m'expliquant qu'il est dangereux de verser un liquide sur une prise électrique, elle fait de son mieux pour me stresser aussi pendant mes semi-congés.

Je suis en effet "en vacances" pour une semaine. Un de nos plus gros clients étant en arrêt technique, nous en avons profité pour mettre tout le monde en congé, et pour ne pas mettre le réveil à 3-4h chaque matin.

Il faut néanmoins s'occuper du travail administratif pendant cette semaine. Rien d'urgent (à faire dans la seconde), mais rien à laisser à plus tard non plus.

A 12h27 j'ai eu le premier message énervant du jour. Il venait de la Médecine du Travail: "En dépit de notre convocation, nous avons le regret de vous informer que M X ne s'est pas présenté(e) ce jour à la visite d'embauche avec le Dr Y. Conformément à nos statuts, vous recevrez une facture concernant cette absence non excusée...."

J'avais pourtant dit, au téléphone, au moment où j'ai reçu la convocation pour M X, qu'il serait en congé début juin. Je l'avais de nouveau confirmé le 14 mai, par mail cette fois-ci, demandant une autre date. Sans réponse de la Médecine du Stress, j'ai envoyé encore un mail le 26 mai "Je vous confirme encore une fois que M X ne pourra pas passer sa visite le 2/6 pour cause de congés." Je me doutais qu'il y avait un hic. Je l'ai senti.

Aujourd'hui j'ai contacté le Bureau pour lui demander de lire le courrier que j'ai envoyé, et on m'a répondu "on va vérifier, et si c'est exact, vous n'aurez pas de facture". 

"Si c'est exact..." Je soupçonne le Bureau de vouloir ma peau. Mais je tiendrai bon - et je mettrai dans nos statuts que pour toute facture qui nous sera envoyée sans raison, il y aura une contre-facture, pour un montant largement supérieur, afin de  payer le temps que je dois passer - inutilement - à corriger les erreurs de la Médecine du Travail et autres RSI qui - quand ils n'ont pas envie de chercher - vous obligent à prouver que vous avez déclaré, informé, payé etc.

A part me battre avec ces gens-là, je passe mes "vacances" à mettre un peu d'ordre dans la maison...


mardi 27 mai 2014

Qui va piano...

On peut, il me semble, voir que le terrain est en pente sur la gauche de la photo. La pile de bois descend vers le terrain voisin.

Avant, plus on se déplaçait vers la droite de la photo, plus le terrain descendait. Maintenant ce n'est pas plat, mais presque. 

Je ne compte plus le nombre de brouettées d'argile et de marne déplacées par le pauvre DD à ces moments de liberté. Liberté sous condition de bosser...

Quelques touffes d"herbes poussent là où je vais étaler du gros gravier, comme je l'ai déjà fait autour du pot récupéré chez le Bouc.

Lui est sa femme Brigitte voulaient s'en débarrasser, et je pense qu'ils étaient bien contents quand DD l'a mis dans notre voiture. Il faut dire qu'il est lourd, très lourd même, étant sans doute fabriqué en béton ou quelque chose de similaire.

Je lui ai juste donné une couche de peinture non uniforme afin de le rajeunir un peu, avant d'y planter des bulbes de glaïeuls sous les pétunias achetés pour l'occasion.

La boule dorée à sa gauche fait partie de la déco. Celui qui tente de la soulever sera probablement étonné par son poids. Elle ne s'envolera pas facilement.

La terrasse prend forme. Elle est loin d'être prête, mais on peut déjà s'y promener. 

Plus les travaux avancent, plus je me rends compte que mon idée initiale sera modifiée tout au long de ces travaux. Je vois déjà les inconvénients d'un talus qui deviendrait de plus en plus haut, si la terrasse continuait en ligne droite vers la "forêt". Il va donc falloir en modifier le tracé, ou en faire deux!

Mais j'ai le temps. Le temps de cogiter, de changer d'avis, de visualiser les choses sur mon écran intérieur.  Quelle chance qu'aucune entreprise n'ait voulu venir faire les travaux, car à faire trop vite, je les aurais sans doute ratés.

Aujourd'hui je suis contente de ce qui a déjà été fait.

lundi 5 mai 2014

Le muguet

Dans un commentaire à mon petit mot précédent, Marguerite disait avoir appris récemment que le muguet est la fleur nationale de la Finlande.

En effet, si on visite la page française du "muguet" sur Wikipédia, on apprend même que le muguet l'est devenu en 1982. Cette année revient sur d'autres sites aussi, ce qui me chagrine.

En 1982 j'étais déjà en France, et ne m'occupais pas de fleurs nationales ou d'autres détails concernant la flore finlandaise. Pourtant je savais déjà que le muguet était pour les finlandais ce qu'est le lys pour les royalistes français.

Et pourquoi? 

Parce que je n'étais pas très grande, quand en suivant un jour, comme je le faisais de temps en temps, mon père à travers le palais présidentiel, j'appris - en quittant la grande salle à manger avec lui, il me semble, à moins que ce ne soit la salle des glaces - que Sylvi Kekkonen, l'épouse d'Urho Kekkonen, que j'avais vu devenir président de la république finlandaise en 1956, (et dont j'avais aussitôt fait le "portrait" le trouvant beau) et qui l'était encore à mon premier départ (pour la Belgique) en 1974, souhaitait voir que sa fleur préférée, le muguet, devenir officiellement fleur nationale.

Donc, quoi qu'en dise Wikipedia et d'autres "spécialistes", le muguet était lys déjà bien avant 1982. Il paraîtrait qu'il a été choisi par référendum en 1967, et mes souvenirs, aussi vivaces que le muguet lui-même, peuvent correspondre à cette date, ou plutôt en être antérieurs, ce qui voudrait dire que le peuple a suivi les souhaits de la présidence.

(Bien entendu, je n'étais pas d'accord avec Madame la présidente, préférant moi-même depuis que j'étais toute petite la campanule qu'on voyait pousser le long des chemins que j'empruntais en été. )