mercredi 28 janvier 2015
lundi 12 janvier 2015
Ma liberté d'expression
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Les choses restaient longtemps rigides. Il fallait monter du respect. Je me rappelle avoir discuté un jour avec Madame l'épouse du président, et de trouver un peu pompeux sa façon de parler de son mari. Elle me dit en effet, "mon mari, Monsieur le Président", comme si je n'avais pas su qui elle était...
Aujourd'hui, on appelle le président de la république comme on veut, cela n'émeut plus personne - ou presque, car quelque part cela me chagrine, car au moins la fonction devrait être respectée (y compris par l'intéressé).
Pendant ce laps de temps, une soixantaine d'années, on nous a appris qu'il était mal pour les finlandais de manger des "baisers de nègre" de chez Brunberg, et les français n'ont plus le droit d'acheter des "têtes de nègre" à leur boulangerie/pâtisserie. La publicité pour Banania est devenue de mauvais goût, tout comme celle pour la réglisse Hellas (ou Fazer, je ne me rappelle plus), tout simplement parce qu'y figurait le dessin représentant un homme des "colonies".
Les blagues sur les juifs sont proscrits, et avant de raconter ou de rire d'une histoire drôle, il vaut mieux se demander si elle ne heurte pas la sensibilité de tel ou tel groupe.
Il n'y a pas longtemps un député a été sanctionné pour avoir dit "Madame le Président" au lieu de "Madame la Présidente".
Les exemples sont nombreux et contradictoires.
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J'avoue donc me perdre un peu dans les dédales de la liberté d'expression. Où sont les bornes des limites? Pourquoi aurait-on le droit de blasphémer (le blasphème est interdit dans certains pays, dont la Finlande) mais pas le droit de dessiner un noir sur un paquet de réglisse? Pourquoi peut-on rire d'une histoire blonde, mais pas d'une blague sur les juifs, sous peine de risquer de se trouver devant les tribunaux? Pourquoi cette différence en fonction du cible dont on se moque/parle en riant gentiment?
Il n'y a qu'une chose que je sais: on n'a pas le droit de tuer celui qui a (peut-être) abusé de son droit de s'exprimer librement. J'espère donc que personne ne me tuera pour ces quelques lignes - je n'aurai pas non plus recours à ma kalachnikov si vous n'êtes pas de mon avis, préférant depuis longtemps le stylo moderne, le clavier de mon PC, et essayant, en même temps, de peser mes mots pour rester dans mes propres limites.
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