
J'ai par mon travail pas mal de contact avec le monde des entreprises, industrielles ou non, des plus grandes aux plus petites.
Depuis quelques années déjà, j'en ai vu, des fermetures. J'ai vu un homme obligé de licencier tout son personnel, payer tout ce qu'il devait, avant de sombrer dans une forte dépression, dont il n'est jamais sorti. Pourtant, son honneur, très important pour lui, était sauf, mais fermer une entreprise qu'il avait créée et pour laquelle il avait travaillé toute sa vie, devait sans doute être la goutte de trop.
Il y a un an, pas tout à fait, un autre dirigeant a fait de même, mais avec plus de chance - il est, à ma connaissance, toujours en bonne santé. A-t-il du travail, je n'en sais rien, je n'ose pas trop l'appeler. (J'ai essayé, mais je n'ai plus de réponse à mes coups de fil.)
Et là, tout s'accélère. Depuis quelques semaines, les société d'assurance-crédit n'assurent plus rien, les banques retirent les droits au découvert et n'accordent plus de crédit à ceux qui en ont besoin. C'est au moins ce que me raconte quelqu'un que je considère comme un ami, et qui se bât pour la survie de son entreprise, mais qui n'y croit plus beaucoup. Et pourtant, il y a un mois ou deux, son entreprise était florissante!
Mais quand personne n'achète plus rien, et qu'on a tout de même les mêmes frais fixes sans aucune rentrée dans la caisse, comment payer ses employés, comment investir, payer ses taxes et d'autres charges, de quoi vivre? Et comment se battre?
Des entreprises qui allaient bien hier, qui vont bien aujourd'hui, comment iront-elles demain, voire déjà cet après-midi? Je n'en sais rien, mais je vois dans ma boule de cristal, que les fermetures vont aller croissant, entraînant d'autres avec elles, car tout le monde ne pourra pas honorer toutes ses dettes jusqu'au bout. (Quelle idiotie aussi, que des délais de paiement à rallonge, qui font que même les entreprises qui a priori n'ont pas de problème, en ont quand-même.)
Il paraît que c'était dur en 1929. Je me demande ce qu'on dira de 2008 d'ici une petite centaine d'années.
Sur ce, au boulot! Et consommez! Consommez, tant que vous pouvez...