mercredi 31 juillet 2013

Le dernier sou

Toutes les rues ne portent pas des noms ordinaires.

J'ai déjà mentionné la Rue de l'Oubli à Fécamp, appelée ainsi parce qu'elle ne figurait sur aucun plan de la ville.

Il y a quelques années, j'ai cru apercevoir l'Impasse du Chômage quelque part dans les environs du Havre, mais je ne l'ai jamais retrouvée. (Tant mieux, peut-être!)

Cela me plairait de me mettre à la chasse aux rues qui portent des noms poétiques, des noms qui sortent de l'ordinaire, comme la Sente du Dernier Sou, que j'ai vue il y a quelques jours, en traversant Bolbec en voiture. 

Je me demande d'où vient ce nom? 

Il y aurait eu, autrefois, dans la campagne environnante, une Plaine du Dernier Sou, et en ville, l'Auberge du Dernier Sou, mais ceci ne me donne pas une explication quant au nom de la rue.

Il existe bien un livre, Histoire des Rues de Bolbec, écrit par Gustave F Mauconduit, et publié en 1887, qui pourrait nous en dire plus, mais je n'ai pas réussi à en trouver une version numérique, afin de pouvoir le consulter.

Si, comme on peut le penser, l'Auberge du Dernier Sou était située à proximité de la sente qui porte aujourd'hui ce nom, on pourrait supposer que les ouvriers du textile, autrefois nombreux à Bolbec, y allaient souvent dépenser leur paie, et ce jusqu'au dernier sou.

Malheureusement je n'en ai pas la preuve. Donc, je n'ai rien dit, et je n'ai surtout pas prétendu que les ouvriers bolbecais passent tout leur temps libre à s'imbiber au bistrot.

mardi 30 juillet 2013

Sylviculture

Il y a un coin de notre petit terrain qui héberge surtout des arbres.

Quand nous sommes arrivés ici, il y avait quatre ou cinq pommiers éparpillés aux quatre coins de notre heptagone. Ils étaient tellement vieux qu'ils ne donnaient rien de bien, mais seulement des pommes "mousse" immangeables.

Nous les avons déracinés, les uns après les autres, et planté d'autres arbres pour les remplacer. D'autres encore sont venus s'y installer, apportés par le vent ou les oiseaux. Tous sont là seulement pour leur beauté, car ils ne donnent pas de fruits comestibles.

On pourrait, bien sûr, faire de la confiture ou de la gelée avec les fruits du sorbier des oiseleurs, mais bien que cet arbre fleurisse maintenant depuis deux ou trois ans, je n'ai jamais pu récolter ses baies. S'il y en a, les oiseaux s'en chargent.

Pour le merisier, ou les merisiers, car le premier a fait des petits, c'est pareil.

Il y en a qui font des infusions avec des feuilles de bouleau - je n'ai jamais essayé. Elles sentent pourtant bon.

Les autres arbres, frênes et érables, pin et sapins, un if mal taillé, un énorme peuplier qui n'arrête pas de grandir, un tilleul sévèrement taillé, car devenu trop grand,  et un hêtre roux que j'ai absolument voulu planter pour sa couleur, ne nous sont d'aucune utilité, sauf pour nous faire de l'ombre, ce qui est fort appréciable lorsque le soleil tape trop fort.

Ce coin du terrain, juste quelques mètres carrés, nous l'appelons prétentieusement notre forêt.  En élaguant les arbres, leurs branches nous fournissent du bois à brûler. Nous sommes donc exploitants forestiers, quoique à très petite échelle.

L'autre jour, après la pluie, j'y suis allée, juste pour le plaisir, et pour sentir l'odeur de la forêt. En fermant les yeux je pouvais m'imaginer au milieu d'une forêt de plusieurs hectares. Une forêt mixte avec des feuillus et des résineux. Un couple de ramiers y a élu domicile. Il niche dans un des grands arbres. La forêt, c'est la vie. Même une toute petite de quelques arbres disparates.










lundi 29 juillet 2013

De l'orage dans l'air

L'après-midi était déjà bien avancé lorsque nous reçûmes un flash exhortant les seino-marins à être extrêmement prudents en raison de forts orages qui s'approchaient.

Ces orages, nous les entendions au loin depuis longtemps déjà. On aurait dit des avions de transport militaire faisant leur va et vient incessant dans le ciel.

Je comprenais parfaitement pourquoi les anciens scandinaves croyaient que l'orage venait du dieu Thor faisant la course contre lui-même sur un char dans les nuages.

Les éclairs devenaient de plus en plus fréquents et ça tonnait de plus en plus fort. 

Un vent violent faisait plier nos arbres. Ils sont d'une incroyable élasticité pour ne pas casser.

La pluie battait contre les fenêtres. Il y en avait tellement que nous avions du mal à voir l'eau qui dévalait la pente du chemin qui mène à la maison. Des vrais ruisseaux.

J'eus une pensée pour nos travaux de terrassement. La terre fraîchement mise en place, et que rien  ne retenait, devait partir en cours de boue. Tant pis, il y en a encore plein dans le talus.

Nous apprîmes plus tard que plusieurs mini-tornades entre Le Havre et Dieppe, peut-être plus loin encore, avaient fait de gros dégâts. Le clocher de l'église de Greuville s'était effondré, un arbre s'était couché sur la voie ferrée entre Rouen et Le Havre, plus de cent mille foyers étaient privés d'électricité dans le département.

Et nous, nous étions encore passés de travers.


Il est vrai que l'orage avait fait coucher des fleurs. J'ai même préféré cueillir un bouquets de glaïeuls au lieu de les laisser couchés au sol. Pourtant je les préfère quand elles poussent dehors.

L'énorme herbe à taupe au coin de la maison s'était brisée au niveau du pied, mais contrairement à ce qu'aurait fait un arbre en tombant, sa chute n'avait pas provoqué d'autres dégâts.

Plus tard dans l'après-midi du lendemain, nous partîmes faire un petit tour dans les environs. Le soleil était de retour, la chaleur aussi, et tout, ou presque, était comme avant l'orage. Les routes, sèches de nouveau, était couvertes de petites branches et brindilles cassées par le vent et la pluie. 

Le gravier du chemin qui mène a la maison se trouvait en grande partie sur la départementale.

Mais, aussi incroyable que cela puisse paraître, notre terrassement n'avait pas souffert. Le lendemain je me suis empressée de planter quelques iris, que je devais de toute façon diviser pour les rajeunir, sur la partie pentue afin d'essayer de retenir la terre en cas d'un autre orage, plus violent encore.



Avec des orages qui deviennent de plus en plus fréquents et violents, je crois que j'ai intérêt à végétaliser ce futur petit talus au fur et à mesure de l'avancement des travaux.



vendredi 26 juillet 2013

Les lingères

En hiver cela ne sert à rien d'essayer, mais dès qu'il fait beau j'aime faire sécher le linge dehors.

Dernièrement j'en ai bien profité.

Je tire mon fil à linge entre la pergola et la maison. Une longueur, deux longueurs, ou plus s'il faut. J'ai vissé des crochets sur les poteaux et dans le mur. 

Y tendre le fil est un jeu d'enfant. Même moi, j'y arrive.

Quand j'ai fini de sécher le linge, je rentre aussi le fil, enroulé sur un bout de tringle à rideau. Ainsi il reste bien blanc et propre.

Il y a quelques jours, je venais de tout rentrer, linge, fil et pinces à linge, et j'ai posé le petit panier en osier dans lequel je mets les pinces à linge en bois (je les préfère nettement à celles en plastique) sur la table basse devant les canapés.

Depuis ce moment, Nefertiti a quitté le fauteuil où elle aimait se reposer, et passe presque tout son temps sur les pinces à linge.

Je me demande comment elle fait pour trouver cela plus confortable que le fauteuil.

Pour la laisser tranquille, je ne lave plus rien!

jeudi 25 juillet 2013

Archéologie

En creusant le talus sous le jardin potager (où rien ne pousse comme il faut, faute d'eau et de bonne terre), nous sommes de nouveau tombés sur des vieilles choses laissées par d'anciens habitants.

Parmi celles-ci, des morceaux de vaisselle et de bouteilles en verre.



ll y en a moins, sans doute, que je n'aurais pensé, vu le nombre de morceaux de verre et de capsules que nous trouvons un peu partout, dès qu'on enfonce un louchet ou une fourche dans la terre.



Marcel, feu mon voisin, prétendait toujours qu'il y avait une cache d'armes de la dernière guerre dans le secteur. Il ne me l'a jamais montrée, pourtant. Fallait-il le croire, ou racontait-il des histoires?



Une cache d'armes dans le coin ne serait pas impossible, les allemands ayant envahi la région, comme de nombreux blockhaus datant de la guerre le démontrent, tout comme "l'hôpital de guerre allemand" qui se trouve sur (dans) la falaise.

On entend aussi de temps en temps parler d'obus retrouvés et qui peuvent encore être dangereux. Cela ne me plairait pas d'en faire exploser un en lui tapant dessus.

Ma dernière trouvaille, dont je ne peux pas avec certitude préciser la provenance, pourrait être une galoche, enfouie par Dieu sait qui sous la terre.



Ou, qui sait, le diable peut-être, pourrait-il s'agir de la partie basse d'une botte de militaire, dont je trouverai le propriétaire, ou ce qu'il en reste,  en creusant plus loin?

L'avenir nous le dira peut-être, car je n'ai pas fini de remplir ma brouette.

mercredi 24 juillet 2013

La marmotte

Cela fait quand même vachement plaisir, ces petites cartes qui tombent de façon irrégulière dans ma boîte à lettres, et que je trouve toujours quand je ne m'y attends pas.

Cette fois-ci c'est Missive, se prenant pour une marmotte photographe, une casquette américaine vissée sur la tête, qui m'envoie une petite carte d'une de ses promenades.

Merci Missive!

Il y a quelque chose de fantastique dans Internet et les blogs, qui permet à des gens que rien, au départ, ne réunit, de faire connaissance, et de lier amitié.

Que ce soit à distance n'est pas grave. Nous avons quand même l'occasion de nous rencontrer presque tous les jours, par écran interposé.


mardi 23 juillet 2013

Très chaud

On a eu chaud ce weekend. Cela avait même commencé avant le weekend proprement dit.

Vendredi midi nous avons eu de la visite pour le dernier jour de repos de DD (en ne comptant pas le weekend justement). 

Les deux petites filles (cinq et deux ans) venues manger des moules frites avec leurs parents ont pu faire des caresses à Moumoune et Foufou, Foufou a même été contente de courir après la ficelle que je leur avais mise entre les mains. 

Nefertiti par contre, réveillée de son profond sommeil par les petites filles qui voulaient s'approcher d'elle, est partie en trombe pour se cacher quelque part. Elle a toujours été farouche et ne s'approche des "inconnus" que si elle le veut, elle-même.

Le repas s'est bien passé, même les fillettes ont goûté aux moules.

Ils ont voulu nous inviter à passer la soirée du samedi chez eux. Nous avons décliné l'invitation, voulant nous reposer un max avant la reprise de travail pour DD.

Il faisait chaud tout l'après-midi. J'essayais de créer des courants d'air dans mon bureau pour tenir jusqu'à la fin de ma journée de travail. Les chats devaient sans doute se reposer quelque part à l'ombre, je les voyais moins que d'habitude.

La soirée finit par arriver, et tout le monde était là, sauf Néfertiti. Cela commençait à nous inquiéter, car elle ne s'absente jamais longtemps sans bonne raison, comme la fois où elle était partie en criant très fort. Cette fois-là elle s'était cachée car elle était malade avec une douleur atroce au menton. Une inflammation avec beaucoup de fièvre.

Le samedi est arrivé, sans que nous ne trouvions Nefertiti. Nous l'avons tous cherchée, même Moumoune et Foufou avaient l'air de s'inquiéter et la cherchaient dans tous les coins. Elle était nulle part, même pas dans les combles où il faisait d'ailleurs une chaleur suffocante. 

Malgré tout, nous avons pris la voiture pour voir où 30.000 tonnes de falaise étaient tombées plus tôt dans la semaine.


Le cœur n'y était pas. Notre promenade n'a pas durée longtemps. A notre retour, toujours aucune trace de notre petite chouchoute.

Nous la cherchions partout. Toute la journée. Elle n'était nulle part. Mais nous cherchions encore, l'appelant aussi régulièrement. Encore une fois. Et encore.

Il fallait bien se rendre à l'évidence. Si elle avait pu rentrer, elle l'aurait fait. Donc elle ne pouvait pas.

Il fallait quand-même qu'on aille se coucher. Moumoune était déjà rentrée, mais Foufou faisait encore le fou dehors. DD est allé le chercher. Foufou a sauté sur le toit de la voiture, celle que DD prend pour aller travailler et qu'il avait garée derrière la maison le vendredi, pour permettre à nos invités de se garer devant.

Et c'est là que DD l'a vue. Nefertiti  devait être enfermée dans la voiture depuis plus de 24 heures, vitres fermées (depuis vendredi dans le courant de l'après-midi), sous un soleil de plomb. Mais elle était en vie.

Nous avons eu très chaud. Nefertiti aussi.

Et Foufou est un notre héros, car sans lui, elle aurait passé encore une nuit, et sans doute encore toute une journée dans la voiture, sans rien à boire, et DD l'aurait trouvée, au mieux le lundi matin, en partant travailler. Mais dans quel état?


lundi 22 juillet 2013

Oh oh!

Rouges coquelicots
en attente de l'eau,
vide est le seau.

(J'ai eu trop chaud.)

vendredi 19 juillet 2013

Temps sec et chaud

Il fait chaud. Chaud et sec.

Pour creuser dans le talus, celui qui se trouve sous le jardin potager, et qui doit disparaître, au moins en partie,  il faut sortir de bonne heure, avant que le soleil ne commence à trop chauffer.

Je n'aime pas trop de chaleur. Je suis contente des vents marins qui viennent rafraîchir un peu l'atmosphère. 

Ce matin, ils ne se sont pas encore levés. Je suis plus matinale qu'eux. Pourtant je ne suis pas encore sortie regarder le talus, ni surtout y toucher. Bientôt ce sera trop tard, car l'ombre du matin aura disparu. Il va falloir y aller.

Sur les voitures, garées devant la maison, on voit des gouttelettes formées par la rosée. Il y en a partout, dans l'herbe aussi. Heureusement d'ailleurs, sinon il ferait plus sec encore, et le talus serait inattaquable, car beaucoup trop dur. Il l'est déjà assez, et je me demande même si une bonne pluie arriverait à y pénétrer.

Je n'ai pas pris la météo. Je ne sais pas le temps qu'il va faire, mais mes vieux os sentent la pluie. Ils me font mal. 

A moins, bien sûr,  que ce ne soit les muscles mises à contribution pour déplacer la montagne!

jeudi 18 juillet 2013

Une bouteille à la mer

Le présent est, comme chacun le sait, le fruit du passé.

Si le passé avait été différent, notre présent ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui.

Qui peut dire où nous serions aujourd'hui, si Jeanne d'Arc n'avait pas été brûlée à Rouen?

(A-t-elle seulement été brûlée à Rouen?)

Tout aurait pu finir différemment. Le chef suprême des armées serait une femme, par exemple. Cela pourrait être l'arrière-arrière... petite-fille de Jeanne, car celle-ci n'aurait donc pas brûlée pucelle, mais pris compagnon - et pas seulement d'armes - et fondé famille.

Il aurait peut-être suffi qu'un petit nombre de personnes bien intentionnées se soit opposé manu militari aux bourreaux, pour que le présent soit autre.

Et dans ce cas, nous ne subirions peut-être pas, comme nous le faisons depuis une vingtaine d'années, un sentiment de repentir collectif, officiel, pour tout le mal que d'autres ont fait avant nous.

Personne n'aurait pensé à demander pardon pour la mort de certaines catégories d'entre nous, mort dont aucun tribunal pourrait nous condamner, car antérieure à notre naissance. 

Alors pourquoi ce repentir pour tous? Pourquoi veut-on nous inculquer un sentiment de honte collective pour quelque chose dont certains de nos ancêtres, mais pas tous, ont pu se rendre responsables? Qui a quelque chose à y gagner?

Dans une république laïque, il n'est pas logique de "punir l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième ou la quatrième génération"?(Exode 34.5-7) 

Faire cela relève, il me semble, d'une méconnaissance de la religion chrétienne qui est sans doute à l'origine de tous ces mea culpa que nous subissons, car "le fils ne supportera pas les conséquences de la faute commise par son père ... et chacun mourra de sa propre iniquité". (Ezéchiel 18.1-4)

Bien que l'avenir soit le fruit du présent, et surtout pour cette raison, ne serait-il pas plus important de s'occuper du présent, au lieu de vivre dans ce passé que personne ne pourra changer, sauf, bien entendu, à réécrire l'histoire. 

L'avenir dépend de ce que nous faisons aujourd'hui, et ressasser les éventuelles erreurs passées ne fera pas avancer les choses.

mercredi 17 juillet 2013

Près de la Lézarde

Tout comme la mère canard et ses dix petits, nous fûmes attirés par la Lézarde, une rivière qui se jette dans l'estuaire de la Seine à Harfleur après avoir parcouru une quinzaine de kilomètres dans la campagne.

Un autre canard nous y accueillit sur la terre ferme. Il était très bruyant et n'arrêtait pas de cancaner très fort, tout en courant vers nous.

Peut-être voulait-il nous dire qu'il était interdit d'entrer dans l'eau.

Ou peut-être jouait-il au guide touristique.



Le quartier était très agréable pour une promenade dominicale. Il n'y avait pas que des canards, mais aussi des vieilles maisons à regarder.


Parmi celles-ci, la maison du pêcheur, lézardée, construite en brique, calcaire et silex, colombage et bardage de bois.

On ne sait pas pourquoi elle porte le nom de maison du pêcheur, car elle n'en aurait jamais abrité depuis sa construction qui a commencé à la fin du XV° siècle.


A certains endroits, on pouvait suivre la Lézarde par les quais, à d'autres des maisons donnaient directement sur l'eau.


Un havre tranquille. 

mardi 16 juillet 2013

Ils sont fous ces terrassiers

Je vous avais raconté, il me semble, mon intention de déplacer le talus (environ 24 mètres de long sur 3 mètres de large et d'une hauteur variant de haut à très haut).

Les travaux avancent.

J'ai remplacé la truelle par un louchet et une brouette plus légère que l'ancienne, car la terre est suffisamment lourde pour que je n'aie pas envie d'avoir un moyen de transport lourd aussi.

La terre est argileuse. Quand elle est sèche, elle est presque aussi dure que les silex contre lesquels le louchet vient buter de temps en temps. Souvent même.

Heureusement, une fois la couche sèche attaquée à la pioche (exclusivement par DD, car cet outil est trop lourd pour moi), l'argile est légèrement humide, simplifiant un peu les travaux.

En creusant, nous avons déjà trouvé une vieille bouteille en verre et quelques morceaux de vaisselle cassée. Cela ne m'étonnerait pas de trouver autre chose encore,  comme au moment où nous mettions à jour un souterrain et que nous sommes tombés sur un trésor.

(Les communes ne se sont pas toujours occupées des poubelles de leurs administrés qui enfouissaient par conséquent leurs déchets eux-mêmes.)

Je ne pense pas finir les travaux cette année, car ils sont presque herculéens, mais avec l'aide de DD, je suis sûre qu'on avancera.

Notre dernier jeu s'appelle jouer aux forçats! 

lundi 15 juillet 2013

Un vieux quartier

C'est sous un soleil dont nous ne nous plaindrons pas, que nous sommes allés visiter la vieille ville de Harfleur, et que nous nous y sommes promenés pendant une bonne heure tout en ayant de plus en plus chaud aux pieds.

Un cèdre du Liban plus que centenaire, car réputé planté à la fin du XIII° siècle nous accordait un peu d'ombre à la fin de notre promenade, juste avant que nous récupérions notre voiture, garée devant la maison jumelée, dite la Neuve Eglise, construite en l'an 1800, en prolongement de l'église St Martin dont l'actuelle version date de la fin du XV°.

Ce cèdre n'est plus bien vert, et ses branches sont haubanés afin de ne pas se casser et tomber sur les promeneurs  qui cherchent  à se protéger du soleil, ou qui simplement ne font que passer en dessous afin de se rendre à la mairie ou dans le parc qui se trouve derrière celle-ci.

Harfleur est pourtant plus vieille encore, car les premières traces d'établissements humains y dateraient du néolithique. Pendant notre promenade nous n'avons pas vu trace de cette époque, mais nous avons quand même pu constater que le centre ville ne date pas d'hier, ni d'avant-hier, mais de plus loin encore.

La ville a connu des journées ensoleillées, et des époques bien plus sombres aussi, avant de devenir la banlieue tranquille qu'elle est aujourd'hui.

C'était un plaisir de pouvoir en visiter une petite partie.


vendredi 12 juillet 2013

Colzalicot



Le 
champ 
de 
colza
fleurit
rouge 
coquelicot.

jeudi 11 juillet 2013

Ode au temps présent

Le temps est plus estival qu'il n'a été. Il était temps qu'il laisse tomber la grisaille éternelle et qu'il nous montre un peu de soleil et de ciel bleu.

Par endroits, l'herbe haute a déjà été fauchée afin de devenir plus tard foin pour les animaux.

La campagne est en train de changer de couleur. Le lin bleuit, l'orge jaunit. Le blé garde sa couleur, ni-vert, ni-bleu, ni-gris, mais toutes ces couleurs à la fois.

Les champs de pommes de terre sont en fleurs, blanches ou roses, mais le maïs a parfois du mal a grandir. Il jaunit même par endroits.

Au loin, le paysage disparaît dans une brume bleuâtre, même quand il fait chaud. L'humidité est présente dans l'air, et pourtant la terre sèche déjà, au moins par endroits.

C'est sans doute le vent qui assèche la terre. Il n'arrête pas de souffler, faisant bouger les feuilles et les branches, les arbres tout entiers même, par ses rafales.

L'herbe haute se couche, le lin verse.  Mais le soleil perce à travers la couche de nuages. Au moins dans l'après-midi. 

C'est l'été. Les jours longs, les nuits courtes. Rien que pour cela, pour me lever quand il fait jour - au lieu de le faire des heures avant le lever du soleil - j'aime cette époque de l'année.

Je n'ai pas besoin d'un ciel sans nuages et d'un soleil qui chauffe trop fort. Je n'en veux même pas. Je voudrais juste garder le jour, mais je sais, je ne peux pas. La nuit finira par gagner encre une fois.





mercredi 10 juillet 2013

Encore une


Puisque nous étions déjà de l'autre coté de Rouen, je décidai de pousser jusqu'aux Authieux-sur-le-Port-St-Ouen, où je savais qu'on pouvait visiter encore une église.

Ce n'était pas bien loin.

Pour que la commune ait  dans son nom authieu, à savoir autel en patois normand,  on peut supposer que l'Eglise y eut son importance.

En fouillant un peu, j'appris que l'Abbaye St Ouen (encore à visiter) y possédait des terres. Les limites de la commune descendent des hauts de la falaise jusqu'aux rives de la Seine. L'Abbaye y avait un port, à Port St Ouen exactement, afin de transporter, par voie navigable, les grains de blé et de seigle jusqu'à Rouen. Au début du XVII siècle,  quatre aller retours quotidiens furent assurés.

L'origine du nom est néanmoins plus ancienne encore,  car le village se forma autour d'un autel où on célébrait le christianisme dès le IV ou le V siècle. 

L'église St Saturnin, quant à elle, date de deux époques différentes, à savoir le XIII siècle pour le chœur et le  XVI siècle pour le nef.  On y trouve, bien entendu, un autel et aussi plusieurs vitraux, dont certains sont classés.

Pour une fois, je vous montre aussi quelques visiteurs, dont les responsables des photos d'illustration de mes propos.










mardi 9 juillet 2013

A quel saint se vouer?

Après être allée à Rouen deux fois mercredi et une fois samedi, on aurait pu penser que j'en avais assez, mais non, il fallut bien que j'y retourne aussi dimanche. Pourtant la circulation m'horrifie de plus en plus.

Samedi matin, en écoutant les informations tout en me concentrant sur la circulation, j'appris qu'une étude, ou plutôt un comptage effectué sur une certaine portion d'autoroute, venait de démontrer qu'un automobiliste sur trois s'y comporte n'importe comment. Parmi les comportements à déplorer, on trouve entre autres le fait de téléphoner au volant, de changer de file sans mettre le clignotant, de rester sur la voie de gauche de façon systématique, et aussi de doubler par la droite.

Moi, j'aurais sans doute dit qu'un automobiliste sur trois s'y comporte à peu près correctement, mais c'est probablement parce qu'on voit plus facilement les automobilistes à problèmes que les autres.

Il m'arrive certainement de faire des bêtises, moi aussi, mais entre la jeune femme qui faillit me heurter quand elle empiéta sur la voie d'en face, toute occupée qu'elle était à sa conversation téléphonique, et les occupants des trois voitures arrêtées sur la chaussée, occupant toute la largeur de la voie de droite et une partie de celle de gauche, en train de discutailler sans se soucier de ceux qui devaient, pour passer, prendre la voie de gauche à l'entrée d'un virage (dont moi) et qui eurent de  la chance de ne pas toucher ceux qui déboulaient d'en face, j'en eus ma claque.

Surtout que ces derniers bavards, une fois leur discussion terminée, finirent par me rattraper et me doublèrent ensuite en trois vrooooooms avant de rentrer dans une cour quelques dizaines de mètres plus loin! 

Bref, malgré tout, dimanche je repris le volant, direction la banlieue rouennaise,  afin de visiter la chapelle semi-troglodytique qui s'y trouve. 

Selon la légende, deux ermites, Onumphe et Pancrace, habitèrent déjà une grotte dans la falaise, avant qu'une première chapelle y fut construite en 1557. 

Celle-ci fut remplacée par l'actuelle chapelle au début du XVIII siècle, avant d'être transformée en entrepôt à vins pendant la révolution. Ce sont des bénévoles qui permirent de sauver la chapelle en état de délabrement, en créant une association pour sa sauvegarde, il y a trente-trois ans.

Merci à eux, car ainsi DD, moi et d'autres curieux ont pu la visiter.

C'est aussi grâce aux bénévoles qu'un premier vitrail, représentant le patron de la chapelle, St Adrien, fut monté en 1992.



D'autres vitraux, dont le thème fut tiré de l'histoire de la chapelle, suivirent.



Plusieurs représentations de la vierge et de nombreux saints y ont également trouvé leur place.


Parmi ces derniers, on peut mentionner St Clément, St Nicolas, St Sébastien, St Roch et bien entendu St Adrien lui-même.




Il ne faut surtout pas oublier St Bonaventure, qui a été mis sous cloche afin que les jeunes filles  ne l'abîment pas en lui piquant pas le pied.

En effet, comme les deux ermites, Onumphe et Pancrace avant lui, St Bonaventure permettrait aux jeunes filles en quête d'un mari de trouver l'oiseau rare.

Les petits mots sont aujourd'hui piqués dans un coussin au pied du saint.

Dimanche, ils étaient nombreux, ce dont je peux déduire que les jeunes filles cherchent encore et toujours à se marier.

Ayant déjà mon DD, à la place de St Bonaventure, j'aurai bien voulu prier St Christophe, le patron des voyageurs, donc des automobilistes, mais n'en trouvai pas de représentation dans la chapelle.

On n'en voit guère dans les taxis et autres voitures non plus - pas comme on voyait son médaillon il n'y a pas si longtemps que ça, en tout cas - et pourtant, avec un automobiliste fou sur trois, il aurait bien son utilité.

N'empêche qu'il a du écouter ma prière non dite, car sur la route du retour, je fus klaxonné par un autre usager de la route qui estimait que je n'allais pas vite assez. Mais mon choix à ce moment là était soit de doubler un cycliste et de faire boum avec la voiture qui arrivait d'en face, soit d'écraser le cycliste.

J'étais bien contente quand un peu plus loin, ce n'est pas moi, mais l'automobiliste klaxonneur qui fut arrêté par la gendarmerie. St Christophe m'avait entendue sans que je lui adresse une prière.

lundi 8 juillet 2013

Obrigado

Bon dia.

C'était avec un immense plaisir que je trouvai, dans ma boîte à lettres,  une carte postale en provenance du Portugal, samedi en fin d'après-midi, en rentrant chez moi après une journée assez chargée.

La carte, que je ne reproduirai pas ici, à cause de son copyright, représentait une vieille femme souriante, les mains sur les hanches, toute habillée de noir, des pieds à la tête. Derrière elle, des casseroles et d'autres ustensiles de cuisine, accrochés à un mur rouge.

Au dos était écrit:

Surprise! Je viens de rencontrer la "vieille" Philomène à Obidus avant de regagner Lisbonne où il fait beau. Elle y est depuis un moment, fait la cuisine dans un restaurant "local".  Bises de sa part et de la mienne.

La carte était signée Marguerite-Marie.

Pour être une surprise  cela en était une. J'avais presque oublié la vieille que j'avais pourtant créée l'été dernier, et qui vit maintenant sa propre vie depuis bientôt un an. Cela me fait plaisir d'apprendre qu'elle a trouvé sa place au Portugal, et qu'elle s'est mise à la cuisine portugaise. Si un jour je passe par Obidus, j'espère pouvoir déguster une cataplana préparée par la vieille, à condition qu'elle n'y ajoute pas sa touche personnelle, à savoir un parfum de bergamote.

Obrigado, Marguerite-Marie.

vendredi 5 juillet 2013

L'optimiste

Je dus me rendre à Rouen  mercredi matin. Le réveil sonna donc de bonne heure pour me permettre d'arriver avant les bouchons. Il ne faut pas arriver trop après 7 heures, si on ne veut pas faire la queue pour entrer dans l'agglomération.

Le temps était gris. Le thermomètre de la voiture affichait 14°, ce qui était relativement doux pour un mois de juillet 2013. Il avait plu pendant la nuit. Le sol était mouillé.

En écoutant la radio, j'appris que la température tournait autour de ces mêmes 14° un peu partout dans le département.  A Louviers, dans le département voisin,  un parent d'élève avait essayé d'étrangler une enseignante qui ne trouvait pas le blouson de son enfant vite assez à son goût. Il  était en garde à vue. A Rouen une femme avait été mordue au visage par le chien d'un SDF.  Elle était gravement blessée.  Personne ne donna des nouvelles du chien, ni de son maître, mais je suppose qu'elles n'étaient pas bonnes.

Il n'y avait pas encore trop de circulation quand j'atteignis mon premier but. Je trouvai facilement à garer la voiture dans un parking couvert. Une heure plus tard, cela aurait sans doute été plus difficile. 

Je ne mis pas longtemps avant de récupérer la voiture. Ma première visite fut beaucoup plus rapide que prévu. Le parking ne me coûta pas plus d'un euro. Je continuai vers deux autres endroits, dans la banlieue proche de Rouen cette fois-ci. Pas besoin de parking payant là, car je pus me garer dans la cour des deux entreprises visitées, surtout que je ne faisais que passer, le temps de déposer quelques documents dans la première et d'en récupérer d'autres dans la seconde, tout en échangeant quelques mots avec d'autres matinaux.

Pour rentrer chez moi, je décidai de passer par les quais de Rouen, au lieu de prendre l'autoroute, et c'est là, arrêtée à un feu rouge que je regardais des piétons se rendre à leur travail. Certains tenaient un parapluie au dessus de leur tête. C'était sans doute normal, car il crachinait comme il parait qu'il ne crachine qu'en Normandie. Le pare-brise de la voiture était d'ailleurs humide, et l'essuie-glace fonctionnait par intermittence.

D'autres piétons pressaient le pas, soit pour ne pas arriver en retard, soit pour essayer de passer entre les gouttes de pluie. 

Puis il y avait ce jeune homme. La trentaine peut-être, ou un peu moins. Il allait sans doute au travail. Mais il n'était pas pressé. J'avais l'impression qu'il ne se rendait pas compte des gouttes qui tombaient tout autour de lui. Je le suivis du regard aussi loin que possible. Il n'était ni laid, ni beau, mais il sortait de la masse, car il avait l'air heureux en bras de chemise - ou plutôt en chemisette - et avec des lunettes noires sur le nez sous le crachin normand. 

Même plus tard, j'étais déjà à mi-chemin sur la route de retour, j'eus une pensée pour lui quand l'essuie-glace de ma voiture se mit à essuyer plus vite encore. J'avais vu l'Optimiste.

jeudi 4 juillet 2013

L'église St Romain

La dernière des trois églises visitées dimanche dernier était celle de St Romain de Colbosc.

Cette église qui date des XVIII et XIX siècles, se trouve sous le patronage de St Romain, évêque de Rouen au VII siècle.

La croix de Grosmesnil, que l'on peut admirer à l'entrée de l'église, avait été érigée en 1528 dans le cimetière de Grosmesnil, une des communes qui forma St Romain de Colbosc au XIX siècle, les autres étant St Romain même, ainsi que St Michel. A la destruction du cimetière de Grosmenil, la croix fut apportée à St Romain.

A l'extérieur on peut apercevoir les vestiges du portail d'entrée d'une ancienne léproserie, aussi appelée maladrerie, comme d'ailleurs un hameau non loin de Fécamp. La lèpre fut, comme  on peut s'en douter,  rapportée en France avec le retour des Terres Saintes des croisés. Elle fit beaucoup de ravages, et de nombreuses maladreries furent construites.






L'église est relativement lumineuse, son plafond n'est pas voûté contrairement à ce qu'on a l'habitude de voir dans les églises.

Pour ma part je retiens une impression  bicolore. Le blanc des falaises et le brun des chênes qu poussent dans nos bosquets. Le contraste aussi.




mercredi 3 juillet 2013

L'église de Très Pétroe

En arrivant sur le parvis de l'église St Pierre aux Trois Pierres je regrettai aussitôt de ne pas avoir pris mes lunettes de soleil. 

La blancheur du clocher était dure à supporter, ajoutée à une chaleur presque infernale, sans doute due à une osmose entre le clocher et le parvis - avec nous en tenailles entre les deux. Pourtant le temps était à moitié couvert.

La pierre calcaire, tout comme le silex utilisés à la construction de l'église viendraient soit de la falaise  proche de Fécamp, soit de marnières plus près de la commune. Les avis des personnes présentes étaient partagés. (Tout le monde avait peut-être raison.)

La commune des Trois Pierres, ou quatre avec St Pierre lui-même, a sans doute tiré son nom d'un monument druidique, Très Petroe.

Pour entrer dans l'église, il faut passer par le caquetoire, une partie plus récente que le reste de cette église qui a connu de nombreuses modifications, et appelé ainsi à cause de tous ceux et toutes celles qui s'y réunissaient pour caqueter comme des poules avant d'aller à la messe.










De nombreuses chapelles ont été annexées, avant d'ensuite disparaître lors des modifications de l'église. On peut en voir des traces à l'intérieur comme à l'extérieur de l'église.











L'église St Pierre présente aussi quelque chose qu'on ne s'attend sans doute pas à voir dans un édifice aussi ancien, à savoir des graffiti, et pas des graffiti de nos jours, mais des graffiti anciens.

La pierre calcaire, beaucoup moins dure que le silex, est un excellent support pour des graffiti creusés.

On peut ainsi voir, parmi de nombreuses croix, une représentation de blé sacré, et aussi un voilier, peut-être un ex voto, qui sait.  Même aux Trois Pierres nous sommes près de la mer.


mardi 2 juillet 2013

Du remue-menage

Il y  avait une exposition de sculptures en métal à l'église de la Remuée.

Les animaux de Monsieur Gauger, sculpteur du village, restèrent sagement prés de l'entrée/sortie, tandis que nous faisions un tour presque complet de Notre Dame de la Nativité.

En regardant l'extérieur, on aurait dit trois parties bien différentes, dont celle du milieu plus récente que les deux autres.















Les parties les plus anciennes dateraient du XIII siècle, et le milieu aurait d'abord fait partie d'une église de la région de Lillebonne, ou peut-être de celle d'une ancienne commune appelée l'Oiselière,  avant d'être déménagé vers la Remuée.

L'église aurait donc été bougée, remuée, ce qui aurait contribué à donner son nom à la commune, La Remuée.

Je dirais même que l'église n'a pas arrêté de remuer, car en regardant le sol, on s'aperçoit que les fondations laissent à désirer. Il me semble pourtant que des règles précises avaient été laissées aux constructeurs des églises, afin que celles-ci soient solides: "Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon église." Il aurait sans doute fallu écouter ce bon conseil de constructeur au lieu de se précipiter.